Les lendemains des élections - Qui sera ministre de la Culture? Qui sera porte-parole de l'opposition officielle?
Mots clés : PLQ, UDA, ADQ, Gouvernement, Culture, Québec (province)
À toute chose malheur est bon. La culture n'a pas fait partie de la dernière campagne électorale? Aucun parti ne proposait de bonification franche ni même d'examen approfondi du système de soutien aux arts ou aux musées? L'Assemblée nationale n'a pas de majorité? La nouvelle opposition officielle n'a pas de député visiblement intéressé par les affaires culturelles? Qu'à cela ne tienne, il s'en trouve chez les artistes et les professionnels des arts pour ne pas trop déprimer.
Les autres groupes de pression consultés par Le Devoir hier se faisaient beaucoup plus laconiques. L'Union des artistes (UDA) a dit être «prête à travailler avec n'importe quel élu». La Société des musées québécois confie attendre les développements des prochaines semaines et précise que les confidences comme les jugements s'avéreraient bien indélicats en attendant.
Les jeux ne sont donc pas faits. Le milieu culturel se demande notamment qui sera nommé au ministère de la Culture et des Communications (MCCQ) et qui sera son vis-à-vis en Chambre comme critique de l'opposition.
Le premier problème s'inscrit dans le casse-tête plus large de la composition du nouveau cabinet. Malgré plusieurs pertes d'importance, Jean Charest peut encore compter sur plusieurs grosses pointures pour diriger le MCCQ, notamment la ministre en titre Line Beauchamp et Michelle Courchesne, une ancienne sous-ministre à la Culture et ex-directrice générale de l'Orchestre symphonique de Montréal. Le cabinet sortant se réunit aujourd'hui. L'Assemblée nationale se réunira en mai et devra alors compter sur un nouveau cabinet, où Mme Beauchamp pourrait fort bien se retrouver ministre de l'Éducation.
L'autre nomination s'avère plus compliquée. On savait que l'ADQ n'avait pas l'équipe nécessaire pour prendre le pouvoir et gouverner le Québec. Cette faiblesse va également entacher le travail du parti de Mario Dumont dans l'opposition officielle. M. Dumont doit annoncer des nominations à son cabinet fantôme dès demain.
Vérification faite, aucun des 41 élus de la députation adéquiste n'affiche dans sa biographie ou son curriculum vitae une formation ou une expérience professionnelle justifiant de facto une nomination comme porte-parole en matière culturelle. Les seuls petits, tout petits indices concernent par exemple Jean-François Roux, élu dans Arthabaska, qui se réclame de quelques maigres expériences en théâtre amateur. Maro Akoury, dans Vachon, a travaillé pendant moins d'une année pour l'OSM, mais comme... agente de télémarketing. Le gestionnaire Richard Merlini, dans Chambly, s'avère un des rares diplômés universitaires en sciences humaines (baccalauréat en sciences politiques et en histoire) de la députation adéquiste, plutôt reliée au marketing et aux affaires. François Desrochers, élu dans Mirabel, est décrit comme un «enseignant d'expérience en sciences humaines».
Les péquistes, par contre, ramènent de gros canons, dont Daniel Turp, docteur en droit et porte-parole en matière culturelle depuis des années, puis le comédien Pierre Curzi, ex-président de l'UDA. Seulement, pour le malheur du Parti québécois, cette formation n'occupe plus que le troisième et dernier rang à l'Assemblée nationale, ce qui limitera grandement sa possibilité de poser des questions et d'aiguillonner le gouvernement minoritaire.
Vos réactions
Quelle culture? d'amateurs - par Julienne Vigneault
Le samedi 31 mars 2007 00:00
Ministre de l'éducation? - par Yves Bélanger
Le mercredi 28 mars 2007 12:00
adieu culture et environnement ! - par marie-claude leclerc (nomadeadc@hotmail.com)
Le mercredi 28 mars 2007 10:00
Quelle culture ? - par André Chamberland
Le mercredi 28 mars 2007 09:00

