La combinaison PLQ-ADQ remet l'économie au menu
Mots clés : ADQ, PLQ, Gouvernement, Économie, Québec (province)
Le milieu des affaires ne craint pas l'arrivée d'un gouvernement minoritaire
Le milieu des affaires, qui préfère habituellement la stabilité -- donc des gouvernements majoritaires -- s'accommode très bien de la combinaison PLQ-ADQ décidée lundi par les électeurs québécois.À la Fédération des chambres de commerce du Québec, la présidente Françoise Bertrand voit carrément un changement de générations au Québec avec l'arrivée si puissante de l'Action démocratique de Mario Dumont.
«Je suis assez d'accord avec l'interprétation voulant que ce soit autre chose que juste une poussée de boutons, dans le sens de juste une protestation du moment. Il faut y voir une mutation. Dans le vote, il n'y a pas simplement des votes péquistes qui sont allés à l'ADQ et des votes libéraux qui sont allés à l'ADQ. Je pense que c'est un changement de générations», a commenté Mme Bertrand en entrevue.
Elle lit aussi dans ce scrutin le message des régions du Québec, qui se sentent éloignées du pouvoir.
À l'Institut économique de Montréal, le président Paul-Daniel Muller juge lui aussi qu'un changement en profondeur a été imprimé dans la société québécoise par cette élection historique.
«Je sens que le Québec va entrer, finalement, dans la phase de remise en question de certaines de ses vaches sacrées, que beaucoup attendaient depuis plusieurs années», a estimé M. Muller en entrevue. «Je pense qu'il y a quelque chose de profond là», a-t-il ajouté.
M. Muller croit que les électeurs du Québec ont «un grand appétit» pour plusieurs idées promues par l'ADQ. Il cite d'emblée une place accrue du privé dans la santé, une réforme de l'aide sociale et l'abolition des commissions scolaires.
Au Conseil du patronat du Québec, la première vice-présidente et économiste en chef, Diane Bellemare, s'est dite «satisfaite de la combinaison» des deux partis PLQ et ADQ concoctée par les électeurs québécois. «Le gouvernement minoritaire n'est pas plus inquiétant qu'il faut», a-t-elle opiné.
Elle espère que cette combinaison sera de nature à remettre au menu les dossiers économiques comme la relance de l'investissement privé, la solution de la pénurie de main-d'oeuvre et les difficultés du secteur manufacturier.
Défaite syndicale
Mme Bellemare voit également dans ce scrutin la défaite du club politique SPQ-libre et d'une partie du mouvement syndical. «On a l'impression qu'il y a comme un recentrage au Québec qui est en train de se produire, parce que la défaite du Parti québécois, c'est aussi la défaite d'organisations qui ont appuyé officiellement le Parti québécois. C'est aussi la défaite du SPQ-libre avec [Marc] Laviolette. On va peut-être retourner à un climat orienté vers les vraies choses: la création d'emplois, la productivité, le maintien du niveau de vie, avec un syndicalisme qui va s'occuper plus de ses membres que de la politique», a commenté Mme Bellemare en entrevue.
À la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, le vice-président pour le Québec, Richard Fahey, a dit souhaiter que les élections de lundi remettent à l'ordre du jour les thèmes qui lui sont chers, comme le remboursement de la dette, la réduction du fardeau fiscal, les enjeux démographiques et la création de la richesse.

