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Les Verts... un lobby plus qu'un parti.

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Normand Desjardins
Envoyé Le mercredi 28 mars 2007 01:00



Dans ma circonscription de l'Acadie, j'ai personnellement appuyé par ma signature le candidat des Verts. Et ce, en lui avouant que je voterais Québec Solidaire. La raison : Sans candidat un tier parti ne peut pas récolter de vote et son financement est donc compromis. J'aurais par contre fait autrement si je résidais dans Gouin, dans Mercier ou dans Rosemont.

Ce qui me désole vraiment, c'est que les Verts et les Solidaires ne se soient pas entendus pour laisser la chance aux candidats "vedettes" de chacun des partis afin qu'ils ou elles fassent meilleure figure au risque même d'être élu(e). Il fallait négocier pour éviter de présenter des candidats concurrents dans le même comté. Les Verts ont présenté des candidats contre Mme David et M. Khadir. Sur ce point, QS est aussi à blâmer pour avoir placé une candidate dans le comté de Scott McKay.

Or, pour les Verts, l'enjeux prioritaire et quasi-unique, quoiqu'on dise, est l'environnement. La pauvreté de leur programme non-chiffré dans les autres sphères en témoigne. D'ailleurs la superficialité du document est digne d'un travail académique de niveau secondaire. En ce sens, les Verts ont prétendu sans arrêt ne pas chercher le pouvoir. Ce faisant, ils deviennent davantage un lobby efficace, pour l'environnement le temps d'une campagne électorale, qu'un réel parti politique crédible. La but de la "game" politique c'est tout de même de gouverner. Le suffrage qu'ils rapportent depuis 20 ou 30 ans confirme leurs réelles aspirations.

De l'autre côté, il y a Québec Solidaire. Un parti d'un an à peine qui ne dispose également d'aucun moyen financier. Cependant, ce dernier est passé très près de faire élire 2 députés - ses deux porte-paroles. Ce n'est pas un hasard : Le programme étoffé et solide sur l'ensemble des enjeux de notre société fait le succès de Québec Solidaire. Il faut ajouter que le plan environnemental de QS était aussi, sinon mieux, ficelé que celui des Verts.

Pendant la campagne, on a vu un Scott McKay frileux de s'associer à un parti de gauche/centre-gauche qu'il a qualifié de "révolutionnaire prolétaire" et de rétrograde. C'est un manque d'ouverture vraiment dommage. Certes, en Amérique du Nord il est innusité de voir renaître une certaine gauche alors que tous les partis (libéraux comme péquiste) ont succombé au lavage de cerveaux de la droite conservatrice mais... faut-il le rappeler, cette droite dogmatique n'a jamais réussi à régler aucun problème social ou environnemental avec ses théories économiques radicales du "chacun pour soi". Et ce, partout où elle s'est installée sur la planète! D'ailleurs un peu partout la gauche progressiste sociale-démocrate renait quand elle n'est pas déjà de retour au pouvoir. Avec QS, le Québec ne fait pas exception. Il est simplement dommage qu'on ne profite pas des erreurs d'autres pays pour s'éviter l'épisode de droite économique et conservatrice vouée à l'échec.

L'environnement et la question sociale sont étroitement lié. Quand une partie de la population est en mode de survie quotidienne et en mal d'éducation, l'environnement devient un enjeu abstrait et secondaire. Quand les entreprises et les industries sont déréglementées, la course au profit prend le dessus sur toute autre considération. Un programme politique de protection de l'environnement doit obligatoirement s'accompagné d'un programme de protection sociale solide.

Si on regarde la couverture médiatique (trop peu importante) que QS et les Verts ont obtenue pendant la campagne, il est clair que, veut/veut pas, ces deux partis ont déjà été amalgamés par les médias. Les entrevues communes se sont multipliée. Pouquoi ne pas profiter de l'attention nouvelle et relancer les discussions pour joindre les forces? Imaginez le coup médiatique! La prochaine campagne n'est que dans 18 mois ou moins.

Il faut que le vieux parti Vert fasse un examen de conscience. Il obtient le même résultat que QS qui n'a qu'un an et qui ratisse déjà plus large en terme d'appui public - les artistes, les écnomistes, etc... Idéologiquement, un parti de gauche sera toujours mieux placé qu'un parti de droite pour défendre le bien commun qu'est notre environnement. Un appel à la raison et à l'humilité s'impose chez les Verts. La politique c'est aussi l'art des alliances sur les points communs.

Il ne faut pas oublié que les adversaires à battre sont de taille : Les libéraux/Power Corp/IEDM, le PQ/FTQ et maintenant le populisme de l'ADQ/IEDM/Trash-radio culture.

Il faudra maintenant le Québec Vert Solidaire avec ses environnementalistes, ses milliers d'organismes communautaires, ses intellectuels et ses artistes pour venir à bout de la droite en place. À bientôt.. au plus tard dans 18 mois.

Un partisan optimiste.

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