Le conte de fées de l'ADQ
Mots clés : Élection, Parti politique, Action démocratique du Québec, Québec (province)
Rivière-du-Loup — Le Québec est entré dans le XXIe siècle sur le plan politique avec son «adhésion enthousiaste à la vision autonomiste».
Les Québécois ont choisi de «s’unir plutôt que de se diviser» en s’inspirant de Jean Lesage, «s’affirmer sans se séparer» par cette voie autonomiste qui accorde «sa fidélité première au Québec» et défend l’intérêt du Québec en toutes circonstances, a-t-il fait valoir.
Mario Dumont estime que l’élection d’hier est «une étape historique» pour son parti et il a donné rendez-vous à ses troupes pour la prochaine étape, en sous-entendant que cette étape ultime sera la prise de pouvoir.
Les Québécois ont exprimé «un puissant désir de changement, un désir de modernisation du modèle québécois», a dit M. Dumont. L’ADQ est le parti de la famille et de la classe moyenne, a-t-il réitéré.
Durant toute la soirée avant que M. Dumont ne fasse son entrée, c’était une euphorie bruyante mêlée d’étonnement qui régnait dans la salle. Personne, à commencer par les stratèges adéquistes, n’avait vu venir ces résultats.
La présente élection sera un tournant décisif pour la société québécoise dans son ensemble, a déclaré en matinée le chef de l’ADQ, Mario Dumont, après avoir voté au bureau de vote sis dans l’école Vents-et-marées, que fréquentent ses enfants, à Cacouna dans sa circonscription de Rivière-du-Loup. «L’ADQ est un acteur là-dedans, je m’en rends compte, mais j’espère que c’est une nouvelle ère pour la politique québécoise que nous pouvons commencer aujourd’hui [hier]», a-t-il livré au cours d’un bref point de presse.
Il y a davantage d’intérêt chez les Québécois pour les nouvelles idées en matière d’économie que défend l’ADQ, pour ces idées préconisant un rôle différent pour l’État, estime M. Dumont. L’ADQ ne verse pas dans «le conservatisme social», un courant qui n’existe pas au Québec, «mais nous nous rendons compte certainement que la façon dont l’État s’est comporté pendant des années n’est pas la voie de l’avenir».
À la toute fin de la campagne, les stratèges adéquistes estimaient que l’ADQ pourrait gagner de 25 à 30 circonscriptions au terme de luttes très serrées, avait confié un proche de Mario Dumont. Mais jamais dans ses rêves les plus fous, la garde rapprochée du chef adéquiste n’avait imaginé le scénario qui s’est matérialisé hier.
«Rarement dans l’histoire des élections récentes, les électeurs, les citoyens, auront eu le sentiment que leur vote avait autant de poids, que chaque vote pourrait faire autant une différence. C’est une journée où j’ai voté avec beaucoup de fierté, beaucoup d’enthousiasme pour le travail qu’on a accompli», a dit en début de journée Mario Dumont qui apparaissait détendu et confiant. En raison de la difficulté de prédire les résultats électoraux, le chef adéquiste avait préparé plusieurs versions du discours qu’il devait prononcer en fin de soirée au Centre des congrès de Rivière-du-Loup devant ses militants. Il en avait préparé «une pleine caisse», a-t-il lancé en riant.
À l’ADQ, on s’attendait dans la plupart des comtés que le parti visait à des luttes serrées non pas avec le Parti libéral du Québec, mais avec le Parti québécois. En fin de campagne, Mario Dumont a multiplié les appels aux souverainistes pour qu’ils votent en faveur de l’ADQ. Il a attaqué André Boisclair avec virulence affirmant que le chef péquiste n’avait pas «l’autorité morale» de tenir un référendum, un référendum dont les québécois ne veulent pas. «Un vote pour le PQ, c’est un vote pour André Boisclair», a-t-il martelé dans les derniers jours de la campagne, exploitant la mauvaise perception de son adversaire péquiste dans la population.
Manifestement, plusieurs souverainistes qui avaient voté pour le PQ en 2003 ont opté pour le parti de Mario Dumont en 2007. L’ADQ a causé d’énormes surprises dans la couronne nord de Montréal, remportant des bastions péquistes comme Blainville et l’Assomption. L’ADQ a aussi fait de

