«Québec solidaire est là pour rester»
Mots clés : Élection, Parti politique, Québec solidaire, Montréal
Les porte-parole se hissent en deuxième position dans Gouin et Mercier derrière les péquistes, reléguant les libéraux à la troisième position

Photo: Jacques Grenier
La lutte a été encore plus chaude dans Mercier, où le député péquiste Daniel Turp a dû se contenter de seulement 1123 voix de majorité, recueillant 33 % des suffrages contre 28 % pour le co-porte-parole de QS, Amir Khadir. Là encore, les libéraux traînaient loin derrière, avec près de 20 %.
Tout au long de la campagne électorale, le jeune parti de gauche a dû se battre contre le spectre du vote utile. Nombreux étaient les électeurs qui craignaient de voir les libéraux gagner en raison de la division du vote entre péquistes et solidaires. «On va avoir le temps d’être encore mieux préparé pour les prochaines élections. Cette fois-là, le vote utile, il sera pour moi!», a lancé hier Mme David.
Les résultats de Québec solidaire sur la scène nationale ont cependant été moins reluisants. Québec solidaire termine avec 3,7 % des suffrages, à égalité avec le Parti vert (3,9 %). Ces résultats ne démontent pas les porte-parole de QS, eux qui espéraient dépasser les 4 % ou 5 % que leur donnaient les sondages en début de campagne. Françoise David attribue cette performance au mouvement de dernière minute de l’électorat, devant la lutte très serrée que se menaient les trois principaux partis.
«Dans un pays normal, avec un système électoral normal, on aurait eu trois députés à l’Assemblée nationale», a clamé Amir Khadir, alors qu’une personne pointait l’écran géant où on annonçait la défaite du chef libéral dans Sherbrooke. «Vous devez rester préparé, parce qu’on a des batailles qui s’en viennent!», a poursuivi M. Khadir après que la foule eut salué la défaite de Jean Charest.
Québec solidaire entend redoubler d’ardeur pour promouvoir un mode de scrutin proportionnel, une idée repoussée au lendemain de la souveraineté par le Parti québécois. «Cela prouve la nécessité d’une proportionnelle à tous les décideurs qui l’ont si longtemps niée», a poursuivi M. Khadir.
Si le pari de faire élire un premier député à l’Assemblée nationale n’a pas été gagné, Québec solidaire a néanmoins réussi à s’imposer comme bon deuxième dans deux circonscriptions. La jeune formation, née il y a à peine un an de la fusion de l’Union des forces progressistes et du mouvement Option citoyenne, a aussi fait une meilleure performance que la moyenne dans Sainte-Marie–Saint-Jacques (14 %), Taschereau (8 %), Outremont (9 %), Hull (8 %), Rouyn-Noranda (8 %).
«Québec solidaire est là pour rester, sa présence est plus nécessaire que jamais. S’il y a tant de gens qui ne veulent plus aller vers les vieux partis, c’est notre responsabilité de dire que le vrai changement, c’est nous qui le représentons», a soutenu Mme David, qui pensait déjà au match de revanche.
Les quelques centaines de personnes réunies en début de soirée au théâtre Plaza ne se faisaient pas trop d’illusions quant à une éventuelle victoire. Candidate dans Outremont, Sujata Dey s’est même permis d’en rire. «Si la tendance se maintient, il est peu probable que je sois la première députée d’Outremont», a-t-elle lancé à la foule de partisans, avant de rappeler que l’ADQ était aussi un «petit parti» en 1994.
Critiquée par le Parti québécois mécontent de le voir courtiser son électorat, Québec solidaire a aussi dû batailler contre les verts pour obtenir la faveur des électeurs déterminés à appuyer un tiers parti. Dès les démarches de fondation de Québec solidaire, Françoise David a multiplié les appels à l’unification des verts et des solidaires, en vain.
Les préoccupations environnementales figuraient bien en vue dans le programme de QS, notamment quant au financement des transports en commun ou à la nationalisation de l’énergie éolienne. Le parti de gauche prônait également la hausse du salaire minimum à 10 $ l’heure et une importante augmentation des prestations d’aide sociale.
Québec solidaire a présenté des candidats dans presque toutes les circonscriptions, soit 123, dont une majorité de femmes, ce qui constituait une première sur la scène politique québécoise.
Pour son baptême électoral, QS a dû faire campagne sans les moyens des grands partis. C’est toutefois l’absence de Françoise David au débat des chefs qui a le plus choqué les partisans de QS. Le parti n’ayant pas de représentant à l’Assemblée nationale il a été laissé de côté par le consortium des télédiffuseurs.
Si QS ne pourra pas plus compter sur un élu pour la prochaine campagne, le résultat du scrutin de ce soir permettra néanmoins de garnir un peu plus les coffres de la formation politique puisque chaque vote assure les partis d’un financement de 50 ¢ par année.
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