Électeurs en herbe - Le Parti québécois majoritaire chez les 14-17 ans

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Alexandre Shields
Édition du mardi 27 mars 2007

Mots clés : Parti québécois, Jeunesse, Élection, Québec (province)

30 000 jeunes Québécois de 14 à 17 ans ont pris part à un exercice électoral au terme duquel le Parti québécois a reçu leur préférence.

Photo: Jacques Nadeau

Si les jeunes Québécois âgés de 14 à 17 ans avaient eu le loisir d'élire le prochain gouvernement provincial, ils auraient accordé un mandat tout juste majoritaire au Parti québécois, selon les résultats obtenus par le projet «Électeurs en herbe», qui a ciblé 30 000 jeunes issus de quelque 300 écoles secondaires, maisons de jeunes et autres organisations jeunesse au Québec. Cette simulation, sans aucune prétention scientifique, a également permis de constater que l'Action démocratique de Mario aurait formé l'opposition officielle.

Ainsi, le Parti québécois, qui recueille 25,02 % des appuis, remporte un total de 44 circonscriptions parmi les 87 représentées dans ce projet, qui se veut avant tout une initiation à la vie démocratique pour les électeurs de demain. Les péquistes obtiennent une majorité de sièges dans la plupart des régions du Québec, notamment au Saguenay, dans le Bas-Saint-Laurent, en Mauricie, en Estrie, dans les Laurentides et la couronne nord de la région montréalaise. Même chose en Abitibi-Témiscamingue, sur la Côte-Nord et en Gaspésie.

L’Action démocratique bénéficie pour sa part de 20,33 % des voix et fait «élire» 28 députés, balayant la région de Chaudière-Appalaches, en plus de faire des gains dans le Centre-du-Québec et, sans surprise, dans la région de la Capitale. Le Parti libéral est le grand perdant de ce scrutin informel. Il ferme la marche des grands partis, avec 15,27 % des appuis, mais seulement 12 sièges. Il a cependant l’avantage sur l’île de Montréal. Le Parti vert, avec 9,42 % des voix, obtient deux circonscriptions. Québec solidaire termine quant à lui cette simulation avec 4,24 % des voix et un siège, dans Viau. Les résultats disponibles hier soir n’étaient toutefois pas définitifs.

Vincent Ranger, porte-parole national d’«Électeurs en herbe» et président du Forum jeunesse de l’île de Montréal, prend évidemment soin de préciser que l’exercice n’a pas de «de prétention scientifique, étant donné que les écoles qui ont participé au projet le faisaient sur une base volontaire». Il explique aussi qu’«un peu moins d’écoles de Montréal ont participé au projet, ce qui explique une partie du pourcentage de votes obtenu par le Parti libéral du Québec, relativement faible par rapport aux autres partis». Cette sous-représentation de la métropole peut aussi expliquer les résultats obtenus par Québec solidaire et les verts, deux formations essentiellement montréalaises. À l’inverse, la «surreprésentation des régions dans notre simulation pourrait bien expliquer en partie les résultats obtenus par l’Action démocratique du Québec, qui sont assez élevés», souligne M. Ranger.

Les organisateurs de ce scrutin jeunesse ont en outre été étonnés par la piètre performance du Parti vert. «Ce résultat-là nous a assez surpris, parce que, lors des élections fédérales, on avait remarqué qu’il y avait un appui plus important pour le Parti vert [que les résultats réels]», ajoute le porte-parole national d’Électeurs en herbe, rappelant que les jeunes sont habituellement très attentifs à la question environnementale.

Mais, surtout, M. Ranger souligne que «ce qu’on remarque, c’est que les jeunes ne votent pas si différemment que ça de leurs parents. Aux élections fédérales et municipales, où on a déjà fait l’expérience, les résultats des jeunes et les résultats réels avaient été relativement semblables. Il y avait eu un appui important aux tiers partis, mais pour les résultats globaux, c’était similaire». Les résultats de l’élection d’hier ont néanmoins montré une certaine différence entre les allégeances politiques des jeunes et celles de leurs parents.

Pour les coordonnateurs du projet, l’objectif n’est toutefois pas de connaître la couleur d’un gouvernement qui serait élu par les jeunes de 14 à 17 ans. «Nous voulons avant tout les initier à la démocratie électorale, affirme M. Ranger. En ce sens-là, on pense que l’objectif a été atteint, avec plus de 30 000 jeunes qui ont pris part à la simulation. C’est d’ailleurs nettement plus que ce que nous avions obtenu, en matière de participation, pour les autres simulations lors d’élections fédérales et municipales.» À titre de comparaison, 18 000 jeunes Québécois avaient pris part à la simulation organisée lors des élections fédérales de janvier 2006.

«Il s’agit d’une participation remarquable, surtout dans le contexte actuel où on considère que les jeunes s’intéressent très peu à la politique. Ce qu’on remarque avant tout, c’est que les Électeurs en herbe ont fait une croix sur le cynisme», assure Vincent Ranger. Cette hausse marquée de la participation donne selon lui de l’espoir pour les années à venir. «Ce qu’on voit dans les simulations, c’est que les jeunes sont très intéressés par ce genre de projets-là. Et si les jeunes sont au moins intéressés dès le secondaire par la participation politique électorale, on peut espérer que l’intérêt va demeurer.»

Et, rappelle-t-il, «un jeune qui vote pour la première fois à 18 ans va avoir beaucoup plus tendance à voter tout au long de sa vie qu’un jeune qui aurait manqué son premier rendez-vous électoral». Les chiffres sont plutôt inquiétants. Le taux de participation aux élections provinciales de 2003, chez les jeunes de 18 à 24 ans, a été le plus faible en 75 ans. Rapelons qu’à peine 43 % des jeunes de 18 à 24 ans ont voté aux élections fédérales de 2004.

Myriam Régnier, porte-parole du Directeur général des élections (DGE), est elle aussi convaincue que ce projet permet de stimuler le désir des jeunes de participer à la vie politique. «S’ils ont déjà vécu une période électorale avant 18 ans, il y a beaucoup plus de chances qu’ils veuillent se prévaloir de leur droit de vote», soutient-elle.

Le bureau du DGE a d’ailleurs organisé une campagne publicitaire sur Internet pour inciter les jeunes à se prévaloir de leur droit de vote, en plus de mettre en ligne un site qui leur est consacré spécifiquement, le site www.pourquoijevote.qc.ca. «Et dès qu’un électeur a 18 ans, on lui fait parvenir un avis pour lui signifier qu’il est inscrit sur la liste électorale pour l’inciter à aller voter», ajoute Mme Régnier.

Électeurs de demain
Concrètement, le projet «Électeurs en herbe» est un programme «non partisan» qui vise à «initier les jeunes à l’exercice de la démocratie et à leur faire connaître le fonctionnement de nos institutions démocratiques». On souhaite ainsi familiariser les jeunes au processus électoral et aux institutions politiques, mais également les sensibiliser au rôle qu’ils peuvent jouer en démocratie. L’idée est aussi de les intéresser à l’actualité et à la politique, afin d’avoir «un impact positif sur leur participation citoyenne et électorale future». L’exercice, qui se déroule tout au long de la «véritable» campagne électorale, permet en outre aux élèves de «structurer leurs opinions, de développer leur esprit critique et de participer à un débat public».

«Électeurs en Herbe» a déjà été organisé pour les élections municipales en 2001 et 2005, mais aussi lors des élections fédérales en 2004 et 2006. Au total, quelque 175 écoles secondaires et maisons de jeunes ont participé au projet, et plus de 45 000 jeunes ont exercé leur «droit de vote» lors des éditions précédentes.


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Faire confiance à la jeunesse - par Mathieu Lachaine
Le mardi 27 mars 2007 11:00

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