L'ADQ fait main basse sur la Mauricie

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Jean Dion
Édition du mardi 27 mars 2007

Mots clés : ADQ, Élection, Québec (province), Mauricie-Bois-Francs (région), Québec (province)

En Mauricie, les candidats adéquistes, surfant sur la vague qui n'a fait que grossir au long de la campagne, promettaient de brouiller sérieusement les cartes, sinon d'enlever carrément la mise.

Photo: Jacques Nadeau

Annoncée par les plus récents sondages, une lutte à trois de la plus haute intensité se dessinait hier en Mauricie, bastion de circonscriptions «chaudes» où déjà, aux élections générales de 2003, de faibles majorités de moins de 1000 voix s’étaient dégagées dans quatre courses sur cinq. Cette fois, les candidats adéquistes, surfant sur la vague qui n’a fait que grossir au long de la campagne, promettaient de brouiller sérieusement les cartes, sinon d’enlever carrément la mise.

La possibilité d’une percée réelle de l’Action démocratique en région mauricienne s’imposait d’autant plus que le parti de Mario Dumont y avait réalisé l’une de ses meilleures performances en 2003, récoltant 23 % des suffrages, un taux supérieur de cinq points de pourcentage à son rendement dans l’ensemble du Québec.

Et comme en bien d’autres endroits, c’est exactement ce qui s’est passé. L’ADQ a remporté quatre des cinq circonscriptions que compte la Mauricie. Seule la ministre Julie Boulet a résisté au balayage.

Si les deux thèmes de prédilection de la campagne dans ce coin de pays ont été l’avenir de l’industrie forestière et la fermeture de l’usine Norsk-Hydro de Bécancour — l’établissement est situé sur la rive sud du fleuve, du côté de Nicolet-Yamaska, mais plusieurs de ses employés résident dans le secteur de Trois-Rivières —, la Mauricie a bien malgré elle défrayé la manchette en début de parcours avec l’«affaire Hérouxville», cette agglomération située dans le comté de Laviolette dont l’adoption d’un «code de vie» a fait le tour du monde.

Hier, dans l’ancien fief de l’Union nationale, on a eu droit au passage de l’onde de choc causée par le parti dont le chef avait été le premier à intervenir publiquement — et fermement — sur la question des accommodements raisonnables qui avaient inspiré la motion du conseil municipal d’Hérouxville.

Dans Laviolette, la ministre déléguée aux Transports, Mme Boulet tentait d’obtenir un deuxième mandat devant le péquiste Patrick Lahaie et l’adéquiste Stéphane Defoy. Avec plus de la moitié des boîtes de scrutin dépouillées, la ministre a été déclarée réélue avec plus de 40 % des suffrages exprimés et une avance de plus de 2700 voix sur M. Defoy. Le candidat du Parti québécois a pris le troisième rang.

Dans Trois-Rivières, le député libéral sortant André Gabias, qui avait vaincu le ministre péquiste Claude Julien en 2003, a dû concéder la victoire à l’ADQ dans une lutte à trois somme toute assez serrée. L’adéquiste Sébastien Proulx, un conseiller politique de Mario Dumont, est parvenu à s’imposer difficilement après dépouillement de 87 bureaux de scrutin sur 165, avec 35 % des appuis contre 32 % pour le député Gabias et 27 % pour le péquiste Jean-Pierre Adam.

Dans Maskinongé, où l’ADQ avait déjà fait une percée notable lors du dernier scrutin, son candidat Jean Damphousse a remporté la victoire. Avec près de 40 % des voix, il a vaincu la députée libérale sortante Francine Gaudet par plus de 4000 voix. Le péquiste Rémy Désilets a lui aussi terminé troisième.
Dans Saint-Maurice, autre gain de l’ADQ, avec Robert Deschamps, cette fois devant le PQ. Avec plus de 38 % des suffrages, M. Deschamps a défait le député sortant Claude Pinard, qui était en quête d’un troisième mandat. La libérale France Beaulieu suivait en troisième place.

Enfin, dans Champlain, qui avait connu la lutte la plus serrée en 2003 puisqu’on y avait constaté une égalité totale entre la péquiste Noëlla Champagne et son rival libéral, forçant la tenue d’un nouveau scrutin, l’ADQ n’a éprouvé cette fois aucun problème. Près de 47 % des votes pour son porte-étendard Pierre Michel Auger, qui a terminé plus de 5000 voix devant Mme Champagne.


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