Le PQ reprend le Saguenay-Lac-Saint-Jean

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Louis-Gilles Francoeur
Édition du mardi 27 mars 2007

Mots clés : Élection, Saguenay-Lac-Saint-Jean (région), Québec (province), Saguenay-Lac-Saint-Jean (région), Québec (province)

Le Parti québécois se dirige vers son seul balayage avec cinq comtés sur cinq

La principale victoire du PQ au Saguenay-Lac-Saint-Jean est sans conteste celle du comté de Jonquière, ravi aux libéraux aux dépens de leur ministre du Tourisme, Françoise Gauthier.

Photo: Le Devoir

La vague adéquiste s’est brisée sur la rive du Saguenay–Lac-Saint-Jean alors que le Parti québécois récupérait son fief historique dans cette région en remportant les cinq circonscriptions où il a déjà dominé la scène électorale. À n’en point douter, cette consolidation de sa majorité par deux nouveaux gains aux dépens des libéraux constituait hier soir le prix de consolation du Parti québécois dans cette élection qui l’a ramené au rôle de tiers parti, isolé désormais des forces progressistes qui constituaient son ferment.

Les deux victoires du PQ dans cette région ont été remportées aux dépens de la ministre libérale du Tourisme, Françoise Gauthier, et d’une vedette libérale régionale, le député Karl Blackburn, battu par un militant écologiste de longue date, qui s’est fait élire sous la bannière péquiste, Denis Trottier.

Mais la principale victoire du PQ au Saguenay–Lac-Saint-Jean est sans conteste celle de Jonquière, ravie aux libéraux aux dépens de Françoise Gauthier. Cette dernière avait remporté l’élection en 2003 avec 2440 voix de majorité, ce qui lui avait assuré 44,2 % des voix comparativement à 36,5 % pour le PQ. Cette fois, la ministre Gauthier a mordu la poussière devant Sylvain Gaudreault, qui l’a défaite par une majorité de 1514 voix. L’adéquiste Marc Jomphe n’a pas franchi la barre des 20 %. Mais les votes conjugués du Parti vert et de Québec solidaire totalisent 6 % du vote.

Le match dans Roberval a retenu beaucoup d’attention hier soir dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, car le nouveau candidat du Parti québécois, Denis Trottier, a défait le député sortant, le fils de l’ancien ministre libéral Gaston Blackburn, par une confortable majorité de 2385 voix. Karl Blackburn avait remporté la circonscription de Roberval en 2003 par une mince majorité de 244 voix.
L’autre surprise de cette soirée d’élection a été sans contredit l’avance croissante qu’a maintenue le député péquiste sortant, Stéphane Bédard, aux dépens du candidat libéral André Harvey dans la circonscription de Chicoutimi. Au début de la soirée, André Harvey avait une légère avance sur le fils de l’ancien ministre péquiste Marc-André Bédard. Mais elle a fondu rapidement. André Harvey, qui a fait cette année le saut en politique provinciale et dans le camp libéral, avait été élu sur la scène fédérale dans le camp conservateur de 1983 à 1993 puis de 1997 à 2004. Dans Chicoutimi, le candidat adéquiste Luc Picard terminait avec seulement 17,6 % des voix.

Dans Dubuc, le député sortant du PQ, Jacques Côté, a maintenu une avance relativement confortable tout au long de la soirée, qu’il a haussée à 1719 voix à la clôture des bureaux de vote. Mais cette victoire, il ne l’a pas remportée contre son vieil adversaire libéral de 2003, Johnny Simard, mais contre l’adéquiste Robert Émond, désormais en deuxième place dans Dubuc. C’est le seul adéquiste de la région d’ailleurs à se retrouver en deuxième position. Johnny Simard s’est donc retrouvé en troisième position cette année, beaucoup moins chanceux que la dernière fois alors qu’il avait réduit l’avance du député Côté à seulement 44 voix.

On assistait à une lutte traditionnelle entre le PQ et les libéraux dans la circonscription de Lac-Saint-Jean où le péquiste Alexandre Cloutier a décroché la plus importante majorité du fief régional, avec 5589 voix ou 46,45 % des votes exprimés. Son adversaire libéral, Yves Bolduc, qui vient au deuxième rang, n’a pu récolter plus de 28,8 % des voix. Cette circonscription était représentée depuis 2003 par le jeune député péquiste Stéphan Tremblay, qui avait alors pris une avance de 7795 voix sur son adversaire libéral de l’époque, Benoît Harvey.

Avant l’élection de 2003, le PQ détenait quatre des cinq comtés de la région. Il devait en perdre un autre en 2003. Mais l’élection d’hier l’a réinstallé en force dans le fief qu’il a dominé historiquement avec des majorités difficiles à imaginer aujourd’hui. Au référendum de 1995, les majorités en faveur du Oui oscillaient entre 65 % et 71 % dans les cinq comtés de la région.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean comptait cette année 213 043 électeurs, soit 1642 votants de moins qu’en 2003. Lors du vote par anticipation, 9,3 % des électeurs inscrits avaient exercé leur droit de vote. La région s’est signalée dans le débat politique des dernières semaines alors qu’un de ses animateurs radio lançait des propos discriminatoires, qui l’ont discrédité devant tout le Québec, à l’endroit du chef péquiste, André Boisclair.


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