La flamme adéquiste embrase la région Laurentides-Lanaudière

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Isabelle Paré
Édition du mardi 27 mars 2007

Mots clés : Lanaudière, Élection, Québec (province), Québec (province)

C’est une flambée adéquiste qui a embrasé les régions de Lanaudière et des Laurentides hier soir, où le parti de Mario Dumont a raflé cinq comtés sur six dans Lanaudière et cinq comtés sur huit dans les Laurentides, accaparant ainsi la faveur de plusieurs bastions nationalistes.

Dans la région de Lanaudière, les fiefs péquistes sont tombés les uns après les autres aux mains des adéquistes, qui ont raflé 40 % des suffrages exprimés, comparativement à 36 % pour les péquistes et 17 % pour les libéraux.

Dans cette région, seul l’ancien ministre péquiste François Legault a réussi, au terme d’une lutte serrée, à sauver son comté de Rousseau de cette vague gonflée par la popularité de Mario Dumont. Moins chanceux, dans les Laurentides, son collègue l’ancien ministre Richard Legendre a quant à lui durement mordu la poussière dans son comté de Blainville, battu par près de 4000 voix de majorité par l’adéquiste Pierre Gingras.

Les adéquistes sont d’abord entrés en force dans Berthier, où le jeune député péquiste Alexandre Bourdeau a été battu par près de 4000 voix de majorité par le maire de Mandeville, l’adéquiste François Benjamin.

Même situation dans le comté de Masson, où la candidate de l’ADQ, Ginette Grandmont, une résidante de Charlemagne, l’a emporté haut la main en creusant une avance de 3000 voix sur son rival péquiste, le député sortant du PQ, Luc Thériault.

Même le bastion péquiste de Joliette, laissé vacant après le départ du député péquiste Jonathan Valois et représenté par le souverainiste de longue date Claude Duceppe, est tombé sous le joug du clan adéquiste grâce à son candidat, Pascal Beaulieu.

Idem dans l’autre fief péquiste de L’Assomption, longtemps représenté par Jacques Parizeau, où le député péquiste sortant, Jean-Claude Saint-André, a subi une défaite crève-cœur aux mains de l’adéquiste Éric Laporte, qui a grugé une avance de plus de 2500 voix.

Dans Terrebonne, le clan péquiste a encaissé une cinquième défaite amère puisque la députée sortante Jocelyne Caron a été battue à plates coutures par l’adéquiste Jean-François Therrien. En 2003, le PQ avait arraché ce comté avec à peine 300 voix de majorité.

Même dans son propre fief, l’ex-ministre péquiste François Legault a dû livrer une bataille au coude-à-coude avant de devancer, par quelque 1200 voix, son adversaire adéquiste, Jean-Pierre Parrot. L’ex-président de la Fraternité des policiers de la Communauté urbaine de Montréal, le libéral Yves Prud’homme, qui portait les couleurs libérales dans Rousseau, s’est classé troisième, très loin derrière.

Flambée adéquiste dans les Laurentides
Dans les Laurentides, la même flamme adéquiste a fait chavirer plusieurs comtés péquistes, fortement enracinés. Pas moins de 36 % des suffrages exprimés dans la région sont allés aux adéquistes, 34 % aux péquistes et 23 % aux libéraux.

Dans Blainville, l’ADQ a assené une gifle de taille à l’ancien ministre péquiste Richard Legendre, pourtant élu avec facilité en 2003. L’ADQ, qui avait recruté l’ancien maire de Blainville, Pierre Gingras, pour lui faire face, a réussi à creuser une majorité de plus de 3000 voix sur son adversaire.

La vague adéquiste s’est aussi étendue au comté de Groulx, où Linda Lapointe, une femme d’affaires engagée dans le développement économique de Boisbriand, a écarté le député libéral sortant, Pierre Descôteaux. En 2003, Groulx avait aussi été une victoire à l’arraché pour les libéraux, avec seulement 303 voix de majorité.

Autre surprise dans Prévost où, dès le début du dépouillement des urnes, l’adéquiste Martin Camirand, conseiller municipal de Saint-Jérôme, l’a finalement emporté avec une faible marge devant la députée sortante péquiste Lucie Papineau. Le libéral Richard Bélisle, acteur de premier plan dans le développement de la zone récréotouristique de Mont-Tremblant, a fait chou blanc.

Dans Deux-Montagnes, où la campagne a été marquée par le renvoi du candidat adéquiste Jean-François Plante en raison de ses propos controversés au sujet des femmes et de l’homosexualité d’André Boisclair, l’ancienne mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Lucie Leblanc, venue le remplacer au pied levé, l’a emporté à l’arraché avec seulement 100 voix de majorité sur le péquiste Daniel Goyer.
Dans Mirabel, la colère soulevée par l’implantation du centre de radio-oncologie régional à Laval plutôt qu’à Saint-Jérôme a aussi contribué à la montée de l’ADQ, dont le candidat François Desrochers a fait le plein de votes, devançant la députée sortante, Denise Beaudoin.

Mince consolation pour le PQ, seules les circonscriptions de Bertrand et de Labelle ont résisté à l’assaut adéquiste, où les députés péquistes Claude Cousineau et Sylvain Pagé ont évité l’hécatombe et conservé leurs sièges.

Minime soulagement pour les libéraux, Argenteuil, un bastion libéral gagné avec 6700 voix de majorité en 2003 par le député David Whissell, est resté aux mains du PLQ, ébranlé partout ailleurs au Québec.


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