Afghanistan - Les attaques contre les soldats canadiens se multiplient

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Édition du lundi 26 mars 2007

Mots clés : bombe, soldats canadiens, Forces armées, Canada (Pays), Afghanistan (Pays)

Ghundy Ghar, Afghanistan -- Avec un bruit sourd, la bombe de circonstance explose sous un blindé léger de type Coyote, en pleine vue des soldats canadiens retranchés sur une colline poussiéreuse qui surplombe des champs de pavot verdoyants.

«I-E-D!», se mettent à crier les soldats en pointant en direction du nuage de fumée grisâtre qui s'élève à moins d'un kilomètre de là, conséquence de l'explosion d'un dispositif de circonstance.

Puis, le silence tombe jusqu'à ce que leurs radios leur apprennent que leurs camarades sont sains et saufs. Une des huit roues du Coyote a toutefois été arrachée.

«Depuis environ une semaine nous trouvons des engins explosifs improvisés sur toutes les routes dans la région, pratiquement tous les jours, a expliqué le major Steve Graham, des Royal Canadian Dragoons. Ça me dit que les endroits que nous visitons et les choses que nous faisons dérangent de plus en plus les talibans.»

Les bombes de circonstance, les attaques à la roquette et les kamikazes sont les principaux dangers auxquels sont confrontés les Canadiens depuis le début de l'année, alors qu'ils essaient de pacifier la province de Kandahar.

Les batailles rangées dans la région de Panjwaii, l'été dernier, pendant lesquelles les soldats canadiens, appuyés par les forces aériennes de l'OTAN, ont tué des centaines de rebelles, ont forcé les talibans à battre en retraite.

Le major Graham, dont les soldats sont enfoncés profondément dans un secteur dangereux du district de Zhari, affirme que leur but est d'aider les forces de l'ordre afghanes à stabiliser la région.

Son escadron patrouille le secteur et rencontre les dirigeants locaux, dans l'espoir qu'une combinaison de force et de diplomatie incitera la population à appuyer le gouvernement afghan.

Mais les talibans ont longtemps contrôlé la région et ils l'utilisent encore pour cheminer vers Kandahar. Lutter contre un ennemi pratiquement invisible est frustrant pour ces soldats, qui sont rattachés au groupement tactique du Royal Canadian Regiment de Gagetown, au Nouveau-Brunswick.

«Ils ne nous affrontent pas ouvertement, a dit le major Graham. Nous sommes ici depuis un mois et personne n'a jamais pointé d'arme en notre direction.»

Si certains militaires prennent le tout avec un grain d'humour, d'autres sont plus fatalistes.

«On n'y peut rien, a dit un soldat. Tu peux simplement espérer que ce n'est pas ton tour.»


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