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Votez fédéralistes, sinon...

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Hubert Larocque (msbenoit@videotron.ca)
Envoyé Le jeudi 22 mars 2007 00:00



L'électorat peut-il bien saisir l'arrière-plan du jeu politique? Les menaces de M. Harper crèvent le masque de bienveillance qui lui a valu l'appui d'une partie aveugle et désemparée des électeurs de certaines régions du Québec. Souvent fédéralisme varie, bien fol qui s'y fie! Ottawa aura recours aux promesses, aux subventions spectaculaires à point nommé, à l'achat des consciences, aux faveurs accordées à ceux qui vivent d'Ottawa, voire à la corruption franche dont les commandites sont un exemple parmi d'autres. Les commandites ne sont pas, pour le gouvernement fédéral, un excès de propagande, une erreur ponctuelle, mais un mode habituel de fonctionnement au Québec dont le budget fédéral de lundi constitue un autre épisode. Toujours, il s'agit de séduire et de diviser par des faveurs, de détourner l'attention par une éphémère pluie de dollars des grandes questions relatives à notre avenir national.
M. Charest est sans doute un excellent homme dans le privé, mais il a été expressément désigné par le Canada anglais pour gouverner le Québec d'une manière conforme à ses intérêts. On se souvient peu de l'obligation qu'on lui a faite de renoncer à sa carrière à Ottawa pour venir représenter Ottawa au Québec et ce faisant de garder le Québec dans la confédération. Pourtant ceux qui votent pour lui et son parti sont très loin de se douter qu'ils se font les complices du Canada anglais, bref que leur vote n'est pas libre mais captif et opérateur de la domination d'Ottawa sur le Québec.
Et si la séduction ne suffit pas, on passe aux menaces. Plus de subventions, plus de règlement du déséquilibre fiscal. Le Québec, on le divisera, le gouvernement péquiste, on l'affamera! Nous aurons nos taxis de la Marne, sauf que ce sont les camions de Guarda qui emporteront nos millions vers Ottawa et Toronto. Il faut des fédéralistes à Québec pour dire la même chose qu'à Ottawa.
Sous la Terreur, en 1793, Chamfort traduisait ainsi la devise des révolutionnaires: "Sois mon frère, ou je te tue"! Cela n'est-il pas prophétique du sort réservé au Québec "au sein de la "grande famille canadienne"?
H.L.

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