Boisclair craint les «Dumont macoutes»

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Antoine Robitaille
Édition du jeudi 22 mars 2007

Mots clés : Élection, André Boisclair, Assistés sociaux, Québec (province)

Mario Dumont

Photo: Jacques Nadeau

Assistés sociaux aux «travaux forcés», création de brigades de «Dumont macoutes»: le chef péquiste André Boisclair a multiplié les formules hier pour dénoncer la «planète ADQ», comme il l'a raillée. Un monde sur lequel Mario Dumont régnerait et où les assistés sociaux seraient forcés de retourner sur le marché du travail. Des accusations que le chef adéquiste a balayées du revers de la main hier, sans toutefois nier son projet de réduire de 25 000 en neuf mois le nombre d'assistés sociaux.

Dès hier matin, André Boisclair est passé à l'attaque, réclamant que M. Dumont explique comment il arriverait, en neuf mois, à «modifier la loi, les règlements», à «mettre de nouveaux programmes sur pied» et à «mobiliser les gens du secteur privé» pour qu'ils embauchent des assistés sociaux. «Décrochée de la réalité», cette opération n'est tout simplement «pas faisable», a lancé M. Boisclair en insistant sur le fait qu'il a déjà été ministre en ces matières.

Si M. Dumont veut atteindre cet objectif, a affirmé M. Boisclair, il devra prendre des mesures radicales. «C'est pas vrai qu'on va retourner aux travaux forcés! Qu'est-ce qu'il veut, M. Dumont? Qu'il nous le dise clairement! Quel genre de mesures il va mettre pour sortir les gens de l'aide sociale, quelles sont les coupures qu'il va [faire]? Quel genre de techniques il va utiliser? [...] On a déjà connu les Boubou macoutes. Est-ce que ce sera dorénavant les Dumont macoutes qu'il veut établir au Québec?» («Boubou macoutes» est une expression forgée par l'opposition péquiste au milieu des années 80 en référence à la police politique haïtienne, les Tonton macoutes.)

Tous ces projets «imprécis», estime M. Boisclair, montrent que Mario Dumont «vit sur une autre planète, elle s'appelle peut-être la planète de l'Action démocratique du Québec, mais dans ce monde-là, il y en a uniquement pour les plus riches. Et les plus pauvres, ils sont mis de côté». Pire encore, selon le chef péquiste, «dans ce monde-là, on voudrait forcer les gens à sortir de l'aide sociale à [coups de] 25 000 par année, ben cette planète-là, il n'y a pas grand Québécois qui ont le goût d'y habiter», a-t-il soutenu.

C'est lors de la divulgation de son cadre financier, mardi, que le chef adéquiste a révélé son ambition de retourner au boulot d'ici neuf mois 25 000 assistés sociaux jugés «aptes au travail», ce qui conduirait à une économie de 300 millions. En quatre ans, le nombre d'assistés sociaux a baissé de 50 000, soit une moyenne annuelle de 12 500 personnes, croissance économique oblige. L'ADQ a expliqué que l'objectif consiste au fond à doubler la cadence.

Mais André Boisclair est sceptique. Selon lui, on ne peut pas tenir pour acquis que l'économie québécoise pourra toujours absorber 50 000 travailleurs supplémentaires chaque année. M. Boisclair se dit «heureux de voir du monde qui retrouve de l'emploi», mais en cas de «ralentissement économique», par exemple, plusieurs pourraient devoir retourner à l'aide sociale. Déjà, le chef péquiste souligne que le taux de croissance du Québec, à 1,7 %, n'est pas très «glorieux». «On est une des dernières provinces au Canada en termes de croissance de l'économie», a-t-il déploré hier, rendant le chef libéral Jean Charest en partie responsable de cette situation.

Dumont se défend

Mario Dumont s'est défendu de vouloir déclencher une chasse aux assistés sociaux ou encore d'avoir l'intention de créer des brigades pour traquer les bénéficiaires aptes au travail. Lors d'un point de presse à Trois-Rivières hier après-midi, le chef adéquiste a aussi rejeté l'idée d'imposer des mesures coercitives pour forcer le retour au travail d'assistés sociaux. «On n'est pas dans ces idées-là. On pense qu'il y a des gens qui sont spécialisés, des gens pour qui c'est le métier de remettre des gens au travail. On va aller chercher de ce côté-là les meilleures mesures, incluant celles qui poussent un peu dans le dos des gens si c'est nécessaire.»

Afin de remettre 25 000 assistés sociaux au travail et d'ainsi faire une économie de 175 millions, l'ADQ s'engage à investir 20 millions de plus dans les organismes communautaires qui s'occupent de la réinsertion des personnes sans emploi. Mario Dumont a indiqué qu'il n'avait aucune intention de faire des compressions à Emploi-Québec, au contraire. Il veut toutefois que cet organisme gouvernemental soit géré conjointement par les partenaires du monde syndical et du patronat. Cette déclaration avait pour but de nuancer les propos de son bras droit, Gilles Taillon, candidat dans Chauveau.

Mario Dumont a maintenu hier un certain flou au sujet de la période nécessaire pour réduire de 25 000 le nombre d'assistés sociaux. Si on se fie au cadre financier adéquiste, cet objectif doit être atteint d'ici le 1er janvier 2008 si, d'aventure, l'ADQ devait prendre le pouvoir. «Le maximum de ces objectifs doivent être remplis avant et vont continuer à se remplir aussi à l'intérieur de l'année 2008», a-t-il dit.

Néolibéralisme

Les attaques d'André Boisclair faisaient partie hier d'une charge du chef péquiste contre «le néolibéralisme» qui, selon lui, pourrait produire un «Québec cassé en deux». Cette idéologie, «Harper, Dumont et Charest» en seraient les grands prêtres et voudraient que tout soit redéfini au Québec selon «les règles du marché». «Ce sont des gens qui ont abandonné les régions. Pourquoi? Parce qu'eux autres, c'est des apôtres du néolibéralisme. Ils pensent que le marché est capable de s'occuper de tout.»

Par ailleurs, M. Boisclair a dit qu'il passait en «cinquième vitesse» après le «blitz» des derniers jours. Dans tous ses discours, il dit à ses militants qu'il va «couper sur les heures de sommeil» jusqu'au jour des élections et qu'il va mettre les «bouchées doubles». Il les invite à faire de même. Dans Groulx, hier matin, il a déclaré ceci: «Aujourd'hui, on a une autre journée de fous. Et là, demain, ça part vraiment en cinquième vitesse. On va faire quelque chose comme sept ou huit comtés, j'en oublie le chiffre exact. Mais on part et on donne la claque dans les prochains jours. Le 26 mars, on aura mérité la confiance des gens parce qu'on aura travaillé fort.» Il s'est envolé pour Saguenay hier soir. Aujourd'hui, il sera en Abitibi mais dormira à Montréal ce soir.

Le Devoir

Avec la collaboration de Robert Dutrisac


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POLITIQUE À DEUX FACES DU PLQ ET DU PQ = UNE BALLE DANS LE TROU DE GOLF - par Martel Jean-Pierre (shawi.2.qu@hotmail.com)
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Le jeudi 22 mars 2007 16:00

7 ou 8 ? C'est pourtant pas compliqué! - par Max Roujeon (maxroujeon@videotron.ca)
Le jeudi 22 mars 2007 14:00

20 M $ divisé par 25 000 personnes, ça fait 800 $ pour chacun !!! - par Mariette Beaudoin
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Le jeudi 22 mars 2007 12:00

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Boisclair a laissé en place les « Boubous Macoutes» durant toute la période ou il était Ministre de l'aide sociale ! ! - par Christian Montmarquette (chmontmarquette@yahoo.fr)
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