Place aux festivals

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Stéphane Baillargeon
Édition du jeudi 22 mars 2007

Mots clés : Partenariat du Quartier des spectacles, Festival et fête, Culture, Montréal

Le Partenariat du Quartier des spectacles étudie l'implantation des grandes fêtes festivalières à Montréal

Mais bon, un vent de changement commence à souffler sur ce secteur. Une étude commandée par le Partenariat du Quartier des spectacles vient de faire le point sur les besoins de ce festival et de l'autre grand joueur, consacré à l'humour. À terme, d'ici cinq ans, les solutions adoptées pourraient faciliter la vie à tous les festivals implantés au coeur de la capitale mondiale du genre.

L'enquête révèle qu'à l'ouest, les projets immobiliers autour de la Place des Arts menacent les espaces vitaux du Festival international de jazz de Montréal (FIJM). À l'est, les problèmes de cohabitation avec les résidants et les commerçants posent davantage de problèmes au Festival Juste pour rire (et vice-versa).

Ces observations inédites ont été présentées hier au Devoir et à un autre média. La Pérennisation des festivals dans le Quartier des spectacles, étude réalisée par Nomade Architectes et la firme-conseil GGBB, propose une «analyse descriptive de l'état actuel», comme l'indique son sous-titre, sans toutefois pointer vers des solutions. Celles-ci seront définies au cours des prochains mois dans le cadre du Programme particulier d'urbanisme (PPU) pour le centre-ville culturel, commandé à une équipe dirigée par Clément Demers, grand manitou du Quartier international de Montréal.

«L'équilibre statique instauré depuis des années dans le Quartier des spectacles est maintenant bousculé par les projets de développement: cet équilibre doit devenir dynamique pour s'adapter aux nouvelles contraintes», résume Pierre Deschênes, directeur général du Partenariat du Quartier des spectacles. «Avec cette étude, nous serons capables de nous donner collectivement de nouveaux outils pour aménager les espaces occupés par les festivals sans nous fier uniquement au calendrier, comme on le fait maintenant.»

Les analyses schématisées révèlent qu'il n'y a pas une mais bien deux zones d'implantation des grands festivals à Montréal, chacune avec ses forces et ses contraintes propres. Le Festival Juste pour rire a développé une logique plus déambulatoire dans le Quartier latin. Le Festival international de jazz a imposé un modèle plus scénique autour de la Place des Arts.

Le FIJM semble bien plus menacé par les projets en cours, dont la future salle de l'OSM sur l'esplanade de la Place des Arts, un chantier dont le coût dépasse les cent millions de dollars et qui devrait commencer à perturber le secteur avant la fin de la décennie. Seulement, les conclusions de l'étude du Partenariat ne pointent pas nécessairement vers l'implantation d'une place des festivals, un équipement que les trois ordres de gouvernement ont songé à développer au tournant de la décennie. Cette place aurait occupé l'ouest de la rue Jeanne-Mance, au sud de la rue Sainte-Catherine, derrière le Spectrum. Ce projet est maintenant mort et enterré.

«Il faut maintenir des espaces libres suffisants afin de permettre aux festivals de se maintenir, dit encore le directeur Deschênes. Une seule grande place ne peut pas convenir aux deux pôles identifiés. Il sera peut-être plus judicieux de développer deux places plus petites qu'une seule grande.»

Ce n'est pas à son organisme de trancher. Le Partenariat souligne plutôt l'urgence de faciliter l'implantation estivale des festivals. Depuis des années, le jeu incessant des montages et des démontages coûte des fortunes aux organismes, en temps comme en énergie.

Il faudra à l'évidence doter ce quartier d'infrastructures permanentes pour aider la présentation des spectacles. M. Deschênes et son équipe espèrent voir la Ville aboutir avec un aménagement adéquat et des solutions concrètes et définitives d'ici cinq ans.

Il aura fallu plus de trois décennies pour y parvenir, le festival de l'humour ayant vu le jour en 1983 et celui du jazz en 1980. Le premier présente 1250 spectacles extérieurs pendant plus de dix jours en juillet. Il occupe tous les espaces disponibles dans sa zone d'ancrage. Le second emploie 3500 personnes et déploie une dizaine de scènes extérieures pour présenter ses quelque 330 spectacles musicaux. Les deux activités attirent ensemble plus de deux millions de visiteurs.


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