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Jean Charest, semblable à lui-même
M. Charest vient de gaspiller 700 millions en baisses d'impôt pour tenter de convaincre les adéquistes de voter pour lui. Le même Jean Charest nous affirme que s'il est réélu, son gouvernement va s'attaquer à l'encadrement du pouvoir de dépenser du fédéral. Elle est bien bonne celle-là et il énonce cette énormité sans rire. Qu'on m'explique comment un petit politicailleux de bas étage va se présenter à Ottawa et dire au fédéral, qu'il doit limiter son pouvoir de dépenser. Le fédéral sera très bien placé pour lui répondre qu'il n'a pas l'intention de le faire pour laisser le champ libre à quelqu'un qui jette l'argent par les fenêtres et qu'il préfère nettement continuer à dépenser dans des programmes efficaces. Il nous annonce aussi, toujours sans rire, qu'il va négocier plus pour l'éducation et la formation de la main-d'oeuvre. Encore là, on va l'attendre à Ottawa et il va se faire répondre qu'il avait 700 millions et que s'il n'a pas jugé bon d'utiliser la moindre petite partie de cette somme pour l'éducation ou pour la formation de la main d'oeuvre, cela ne doit pas être une urgence neige.
On se souvient que Jean Chrétien affirmait que le déséquilibre fiscal n'existait pas et que les provinces voulaient plus d'argent uniquement pour diminuer le fardeau fiscal de leurs contribuables. M. Charest vient de lui donner raison. Comment fera-t-il à l'avenir pour tenter d'obtenir plus du fédéral à ce chapitre, surtout après la déclaration de M. Flaherty à l'effet que le déséquilibre fiscal était une chose réglée ? Le gouvernement de M. Charest est si riche et gère si bien qu'il n'a pas jugé bon de récupérer le point de TPS libéré par Ottawa. Comment pourra-t-il négocier le déblocage de points d'impôt et de TPS qui représente la seule solution vraiment efficace au déséquilibre ?
Jean Charest se faisait le champion du déséquilibre fiscal, alors que le mérite en revient au PQ, on peut maintenant constater qu'il n'y croit pas plus que les libéraux fédéraux. En fait, on peut légitimement douter qu'il ait quelque intérêt à faire quoi que ce soit pour encadrer le pouvoir de dépenser du fédéral, récupérer des points d'impôt et de TPS ou diminuer les ingérences du fédéral dans les champs de compétence provinciale. En effet, il n'est pas au Québec pour rester, il lorgne toujours du côté d'Ottawa.
