Procès de Conrad Black - David Radler paie une amende de 28,7 millions

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Gérard Bérubé
Édition du samedi 17 et du dimanche 18 mars 2007

Mots clés : David Radler, procès, Conrad Black, Économie, Justice, États-Unis (pays)

David Radler, l'ex-associé de Conrad Black, sera le témoin clé de la poursuite contre le baron de la presse.

Photo: Agence Reuters

David Radler a mis fin aux procédures contre lui en concluant une entente avec les autorités des valeurs mobilières américaines. L'ex-associé de Conrad Black, qui devrait être le témoin clé de la poursuite dans le procès du magnat de la presse déchu s'ouvrant officiellement lundi, a accepté de verser une amende de 28,7 millions $US et d'être banni de la haute direction d'entreprises inscrites en Bourse.

David Radler versera 23,7 millions $US et une pénalité de cinq millions en vue de mettre un terme aux procédures intentées contre lui par la Securities and Exchange Commission (SEC). Dans le cadre de l'entente avec l'autorité américaine, l'ex-bras droit de Conrad Black, éditeur du Chicago Sun-Times et ancien chef de la l'exploitation de Hollinger International, n'a pas nié ni reconnu les alléguations formulées contre lui, a ajouté la SEC.

Cette entente survient à la veille du début, lundi, des représentations dans le procès contre Conrad Black, après quelques jours passés cette semaine à constituer le jury. Il est attendu que l'ex-associé du baron de la presse sera le témoin clé de la poursuite. Accusé au criminel en août 2005 sous sept chefs pour fraude, David Radler avait, le mois suivant, écopé d'une sentence d'emprisonnement de 29 mois et versé une amende de 250 000 $US. Il venait de plaider coupable à une accusation réduite de fraude en échange d'une promesse de collaboration avec la justice.

Hier, on retenait du plaidoyer de la SEC que «la plainte allègue aussi que Black et Radler ont organisé la vente de certains des journaux de Hollinger International à un prix inférieur à leur valeur marchande à une autre société à capital fermé, détenue et contrôlée par Black et Radler, notamment dans le cas de la vente d'une publication qui s'est faite au prix de 1 $.»

«La plainte allègue aussi que, de façon à mener leurs activités frauduleuses, Black et Radler ont fait de fausses déclarations à un comité de vérification ainsi qu'à des administrateurs concernant les transactions. Dans des déclarations aux autorités réglementaires et lors d'assemblées d'actionnaires au sujet d'Hollinger International, ils ont aussi fait de fausses déclarations et omis des faits relatifs à ces transactions.»

Cet argumentaire est repris dans les procédures distinctes intentées au criminel contre Conrad Black. L'homme de 63 ans doit répondre de 14 chefs d'accusation pour fraude, détournement de fonds, malversations, entrave à la justice et racket. Le ministère américain de la Justice lui reproche d'avoir participé à un montage financier ayant eu pour effet de détrousser les actionnaires de Hollinger International d'une somme d'un peu plus de 80 millions $US entre 1999 et 2003. S'il est reconnu coupable pour l'ensemble de ces chefs, il est passible d'une peine d'emprisonnement de cent ans, d'une amende de 162 millions $US et d'une saisie d'actif de 92 millions.

M. Black a plaidé non coupable à chacun des chefs d'accusation et a qualifié l'ensemble des procédures contre lui de «diffamation monstrueuse».

Le Devoir

Avec la Presse canadienne


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