Débat économique - Taillon refuse de préciser les compressions nécessaires à la réalisation de ses promesses

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PC
Édition du samedi 17 et du dimanche 18 mars 2007

Mots clés : promesses électorales, Débat économique, Élection, Parti politique, Québec (province)

Raymond Bachand, du Parti libéral, Gilles Taillon, de l'ADQ, et François Legault, du Parti québécois, ont débatu hier à l'invitation du Conseil du patronat.

Photo: Jacques Nadeau

Pour financer ses promesses électorales, qu'elle chiffre à 1,7 milliard par année, l'Action démocratique du Québec prévoit «opérer des redressements» dans les dépenses du gouvernement, sans toutefois pouvoir préciser lesquels.

C'est ce qui ressort du débat économique organisé hier par le Conseil du patronat du Québec et qui confrontait les candidats Gilles Taillon, de l'ADQ, Raymond Bachand, du Parti libéral, et François Legault, du Parti québécois.

Comme c'est le cas depuis plusieurs jours, en raison de la progression constante de l'ADQ dans les intentions de vote, M. Taillon a été la cible de la plupart des attaques au cours de cet exercice qui s'est avéré plutôt captivant.

«[Nos] engagements de 1,7 milliard, nous allons les financer à même des mesures de redressement que nous vous présenterons mardi», a révélé Gilles Taillon, qui est aussi le président de l'ADQ. Il a assuré qu'il n'y aurait «pas de saccage».

«Nous allons revoir les missions de l'État, les programmes, de façon responsable, sans détruire ce qui est notre État québécois, dont on a besoin», a-t-il ajouté.

M. Bachand, qui est ministre du Développement économique, n'a pas tardé à répliquer. «Le chat vient de sortir du sac, s'est-il exclamé. [...] Qu'est-ce que vous abolissez dans les missions de l'État, M. Taillon? Dites-nous la vérité avant les élections!»

Le candidat adéquiste est demeuré vague, s'engageant tout au plus à abolir certains «organismes consultatifs», à effectuer une «revue de programmes» et à «profiter des mises à la retraite des fonctionnaires [...] pour vraiment rebâtir un État responsable, efficace et à taille humaine».

«On va faire un exercice sérieux [de révision], a promis Gilles Taillon. On a de bonnes idées. On va vous dire [mardi] quelle est la cible, puis on va faire un travail dans les 100 premiers jours [d'un éventuel mandat adéquiste].»

Plus précisément, le parti de Mario Dumont compte limiter la croissance des dépenses gouvernementales à 3,5 % par année, alors que l'augmentation a été de 4,3 % en 2006-07.

De leur côté, dans le budget présenté le mois dernier, les libéraux s'engageaient à contenir la hausse des dépenses de l'État à 2,5 % en 2008-09.

«Si on redresse les dépenses de 1 % [de 4,3 à 3,5 %], les libéraux, eux, c'est de 2 % [de 4,3 à 2,5 %] qu'ils veulent les redresser chaque année, a relevé M. Taillon. Alors je ne sais pas qui va faire le plus d'hécatombes dans un projet comme celui-là.»

«Ça ne fonctionne pas, ce qu'il dit», a rétorqué M. Legault, qui est porte-parole péquiste en matière de finances. Selon lui, limiter la croissance des dépenses du gouvernement à 3,5 % ne libérera que 150 millions de dollars comme marge de manoeuvre par année.

«[M. Taillon] vient de démontrer que ça ne balance pas, son affaire, que ce n'est pas sérieux», a lancé le député péquiste.

L'ADQ attend à mardi pour dévoiler son cadre financier afin de prendre en compte le budget fédéral, qui sera déposé lundi et qui doit apporter une solution au déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces.

Hier, Gilles Taillon a indiqué que, sous un gouvernement adéquiste, la hausse attendue des transferts fédéraux irait à l'éducation (entre 375 et 400 millions) et à la santé, pour réduire les délais d'attente.


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