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La triste confusion

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Linda Hart (linda.hart@cgocable.ca)
Envoyé Le mercredi 14 mars 2007 18:00



Je n'en reviens pas qu'en 2007, on puisse encore cofondre souveraineté-association et autonomie. J'en suis soufflée. La souveraineté, cela signifie en clair l'indépendance et l'indépendance, cela signifie que vous habitez un pays et que ce pays n'est plus le Canada, c'est le Québec. Il y a donc deux pays, le Canada et le Québec. Étant donné que ces deux pays ont un certain nombre d'intérêts communs, comme les pays du Marché Commun ont un certain nombre d'intérêts communs, nous pensons qu'il serait à l'avantage de chacun de mettre au point une sorte d'ALENA est-ouest, cela se nomme association. Il s'agit donc d'un pays souverain qui s'associe avec un autre pays souverain. Il me semble que ce n'est pas trop compliqué à comprendre.

Le sens du mot autonomie, en particulier dans le contexte canadien, n'a absolument rien à voir avec la souveraineté et celui qui prétend le contraire fait preuve, soit d'une ignorance totale de l'histoire de ce concept au Canada, ou d'une mauvaise foi qui frise l'indécence. On ne compte plus les premiers ministres québécois qui ont joué la carte de l'autonomie pour tenter d'arracher quelques lambeaux de pouvoir à Ottawa ou pour tenter d'obtenir un statut particulier pour le Québec ou pour tenter d'aller chercher un peu plus d'argent ou pour mêler les cartes et amener les Québécois à confondre l'autonomie et la souveraineté (ils semblent y avoir réussi) ou comme l'alternative à la souveraineté prônée par le PQ, en laissant croire aux Québécois qu'ils obtiendraient des concessions importantes de la part d'Ottawa et que le Québec finirait par avoir un statut particulier au sein de la fédération canadienne. Qu'est-ce que tout ce verbiage démagogique et insignifiant a apporté au Québec ? Avons-nous un statut particulier, elle est où notre autonomie ? Elle est jolie notre autonomie, nous sommes régis par une constitution qui ne reconnaît même pas les deux peuples fondateurs, une constitution écrite par PET, le roi incontesté de la centralisation à tout prix, une constitution qu'il nous faut avaler, malgré le fait que nous ne l'avons jamais signée. Joli foutoir de merde oui !

Et pour satisfaire les Québécois dont le reste du Canada connaît la couardise et sait qu'il vont se satisfaire de l'habituel petit pain, c'est-à-dire d'à peu près n'importe quoi, même des bobards, on nous parle maintenant de fédéralisme asymétrique. C'est quoi le fédéralisme asymétrique ? Parlez-en à Jean Charest et vous le verrez se mettre à patiner. Pourquoi patine-t-il ? Tout simplement parce que le fédéralisme asymétrique, c'est encore moins que l'autonomie, c'est un mot creux, vide de sens et de contenu qui ne sert qu'à cacher un fait indéniable, le fédéral et les autres provinces n'ont absolument rien à proposer, aucun projet de société qui convienne au Québec et lui permette de se développer comme l'Ontario l'a fait depuis 1867. Demandez aux fédéralistes ce qu'ils proposent et vous les verrez enfourcher leur dada favori, les paiements de transferts et les menaces de partition du territoire québécois accompagnés d'allusions plus ou moins voilées au fait qu'ils refuseront de négocier avec le Québec. Ils savent qu'ils jouent "safe" et que les Québécois s'en retourneront se terrer frileusement dans leur chaumière, jusqu'à leur prochaine montée de lait qu'on résoudra en leur faisant l'aumône d'une partie des surplus de l'Alberta et de l'Ontario.

On a tellement édulcoré la notion de souveraineté qu'elle semble maintenant se limiter au vulgaire calcul de ce qu'on perdrait au niveau des paiements de transferts. On ne parle jamais de ce qu'on gagnerait en marge de manoeuvre au niveau mondial pour effectivement planifier et développer notre économie dans le sens et de la façon qui nous convient. Ce débat est totalement occulté par la peur intense de perdre ... les fameux paiements de transferts qui ont remplacé la peur de perdre ... les Rocheuses.

En terminant, allez donc demander au fédéral pourquoi si l'Ontario a bénéficié d'un pacte de l'automobile hyper-chromé, le Québec ne peut-il bénéficier d'un pacte de l'aéronautique partiel, à la hauteur de 55%. Allez demander à Jean Charest pourquoi il ne se bat pas la gueule bien haut et bien fort, pour que nous obtenions notre juste part des retombées des contrats octroyés si généreusement par le fédéral, sans appels d'offres, à des compagnies américaines et ce, avec l'argent des contribuables canadiens et québécois. C'est cela, le fédéralisme asymétrique je suppose ? Deux poids, deux mesures, business as usual.

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