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Quand l'opportunisme devient-il lâcheté ?
Quand Jean Charest, lors du débat qui l'opposait à Bernard Landry, avait évoqué la déclaration faite par Jacques Parizeau, il avait pris bien soin de référer à une manchette sensationnaliste plutôt qu'au contenu exact de la déclaration (et personne n'oserait même croire qu'un politicien d'expérience comme Jean Charest se serait aventuré dans cette voie sans vérifier au préalable la teneur exacte des propos en cause). Évidemment, Bernard Landry avait été cueilli à froid pendant qu'une demi-vérité opportuniste s'installait au sein de l'auditoire. Qu'importe d'ailleurs la vérité; dans ce cas-ci, c'est l'impression qui comptait.
Cette fois, c'est Mario Dumont qui a sorti le document-qui-tue et qui lui a fait dire à peu près n'importe quoi pour mettre un Premier ministre dans l'embarras. Or voilà une note de service qui n'avait pas à être personnellement soumise à un membre du gouvernement Charest. L'eut-elle été qu'on n'aurait encore rien pu reprocher au ministre des Transport et a fortiori à Jean Charest lui-même : on y recommande précisément d'attendre la manifestation de dommages plus important avant d'entreprendre une action.
Autre Premier ministre, même piège. Que nos politiciens se donnent entre eux tous les crocs-en-jambe qu'ils veulent. Ce ne sera jamais qu'une manière d'étaler leur manque d'élégance. On pourrait même sourire de voir ainsi l'arroseur arrosé, si la scène à laquelle nous avons assisté hier n'avait laissé planer derrière elle quelque chose de fétide.
Hier, il y a sans doute des gens, peut-être même des proches de ceux qui ont péri au viaduc de la Concorde, qui se sont couchés convaincus qu'on avait laissé survenir le drame.
Hier, un de nos politiciens s'est servi des victimes bêtement pour aller chercher quelques votes de plus.
Je ne connais pas assez Mario Dumont pour juger de sa moralité, de ce qu'il est prêt à sacrifier pour arriver au poste qu'il convoite. J'ose croire que le stress intense et la fatigue explique son geste, si ils ne l'excusent pas. Chose certaine, le geste lui-même était lâche.
