Les libéraux refusent de participer à un débat sur l'éducation
Mots clés : Parti libéral du Québec, Élection, Éducation, Québec (province), Montréal
Le Parti libéral du Québec (PLQ) refuse de participer à un débat sur l'éducation orchestré aujourd'hui à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), et auquel les quatre autres principaux partis s'adonneront. Forcés de choisir parmi de multiples demandes, les libéraux préfèrent «s'adresser à toute la population» plutôt que de débattre avec des étudiants qui «ont déjà pris position pour le Parti québécois».
Avec l'Action démocratique du Québec (ADQ) qui prône une indexation des droits de scolarité -- gelés depuis 1994 à 1668 $ par année --, les libéraux sont les seuls à proposer dans leur plate-forme un net dégel de ces droits, à raison de 50 $ par session pendant cinq ans, pour atteindre 500 $.
Le débat de ce midi, qui réunira des représentants du Parti québécois (Camil Bouchard, critique de l'opposition en matière d'éducation), de l'ADQ (Luc de la Sablonnière), de Québec solidaire (François Cyr) et du Parti vert (Olivier Adam), doit cibler spécifiquement le financement de l'enseignement supérieur. Il pointera inévitablement l'opposition entre gel et dégel des droits, de même que la «situation difficile» de l'UQAM.
«Pendant quelques semaines, les libéraux nous ont fait miroiter la possibilité que [le ministre de l'Éducation] Jean-Marc Fournier soit présent, puis ils nous ont annoncé qu'ils déclinaient carrément l'invitation», a expliqué cette semaine Julie Depelteau, co-organisatrice du débat, représentante étudiante aux affaires académiques de l'AMSP.
Selon les étudiants, les libéraux n'étaient pas à l'aise avec la formule du débat, qui compte une période de questions libres provenant de la salle d'une durée d'une heure. «C'est un manque de courage et une absence totale de disponibilité pour discuter avec le public», dénonce Mme Depelteau.
Au PLQ, on rejette cette interprétation. «Le 26 mars prochain, on va aller chercher un mandat provenant de la population en général, et on veut donc s'adresser à toute la population, a expliqué la directrice des communications du PLQ, Isabelle Melançon. C'est difficile pour nous d'aller faire un débat quand l'association a déjà pris position pour le Parti québécois.»
Les «problèmes d'horaire» du ministre de l'Éducation et d'autres ministres du cabinet expliqueraient aussi ce refus, ajoute la porte-parole. M. Fournier aurait par ailleurs choisi de miser sur les débats électroniques: une apparition à deux débats télévisés de même qu'à une table ronde radiophonique sont déjà choses du passé. «Il pourrait y en avoir d'autres», dit Marie-Claude Lavigne, attachée de presse du ministre.
Au parti, on indique par ailleurs que «plusieurs universités» ont fait des demandes similaires, qui ont été acceptées. Des députés auraient ainsi fait des apparitions dans certains établissements. Le ministre Fournier a aussi accordé des entrevues à certains journaux étudiants.
Position idéologique
Informés de la réplique libérale, les étudiants ont nié avoir pris «position pour le PQ», qui prône le maintien du gel des droits. «Le débat se fait sans bannière, et l'association n'appuie aucun parti en particulier», se défend Julie Depelteau. «Nous sommes opposés au dégel, c'est vrai, mais c'est une position idéologique, sans ligne partisane. Nous souhaitions débattre avec un représentant des libéraux.»
L'AMSP est une association de l'UQAM affiliée à l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), laquelle milite pour la gratuité scolaire. Le débat de ce midi devrait accueillir tant des étudiants que des professeurs et des employés de l'UQAM.
Vos réactions
@Tommy D'Aigle - par Mira Elvera
Le jeudi 15 mars 2007 13:00
Un parti vieillissant - par Tommy D'Aigle
Le jeudi 15 mars 2007 10:00
Idem à l'UQAC - par Jean-Simon Rioux
Le mercredi 14 mars 2007 16:00
Refus de parler aux étudiants - par Paul Martin (paul.martin1@sympatico.ca)
Le mercredi 14 mars 2007 07:00

