Fontaine Santé - Une PME québécoise est «victime» de ses succès!

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Claude Lafleur
Édition du mercredi 14 mars 2007

Mots clés : produits naturels, Michel Mourani, Fontaine Santé, Alimentation, Entreprise, Québec (province)

«Nous offrons des produits naturels frais qui ne contiennent aucun agent de conservation»

En 1990, deux entrepreneurs d'origine libanaise, Michel Mourani et Faiçal Farhat, inauguraient une chaîne de comptoirs de repas santé dans les centres commerciaux. Au cours de la décennie, les comptoirs de Fontaine Santé ont connu un succès si vif que l'entreprise s'en est trouvée métamorphosée.

«À un moment donné, raconte Jean-François Collette, coordonnateur du marketing chez Fontaine Santé, nos comptoirs alimentaires grossissaient à tel point qu'il nous a fallu ouvrir une cuisine centrale pour répondre à leurs besoins.» Or, lorsque cette production centralisée a atteint le stade industriel, les entrepreneurs ont décidé de se concentrer sur la mise en marché de leurs produits dans les épiceries. Voilà pourquoi on retrouve à présent des mets Fontaine Santé dans toutes les chaînes d'alimentation québécoises et en Ontario. L'entreprise s'étant ainsi accaparé 80 % des ventes de sa catégorie, elle se lance à présent à la conquête du marché américain.

Dans les années 1990, Fontaine Santé avait développé un réseau de 26 restaurants comptoirs situés dans autant de centres commerciaux. «Les comptoirs n'existent plus, rapporte M. Collette, mais aujourd'hui encore, beaucoup de gens se rappellent de nos débuts dans les centres commerciaux...»

Le défi santé: préserver la nature des aliments frais

Depuis ses débuts, Fontaine Santé se consacre à la production et à la mise en marché de produits prêts à manger, des végépâtés jusqu'aux hummus aux légumes en passant par des tartinades au tofu. «Ce qui fait notre particularité, indique Jean-François Collette, c'est que nous offrons des produits naturels frais qui ne contiennent aucun agent de conservation. Ça, voyez-vous, c'est tout un défi!»

En effet, comme on le constate aisément dans nos cuisines, conserver intacts -- ne serait-ce qu'une semaine -- des fruits et des légumes, n'est pas chose facile, particulièrement les feuilles de laitue. Le problème vient de ce que l'oxygène fait rapidement rouiller la laitue alors que les microorganismes s'en servent pour proliférer. Or, grâce à des procédés astucieux, les cuisiniers de Fontaine Santé parviennent à préserver la fraîcheur de leurs aliments jusqu'à deux mois!

«Nous avons fait beaucoup d'investissements dans notre chaîne de production afin d'être en mesure de fabriquer des produits qui ont une bonne durée de vie, confirme M. Collette. Par exemple, nos trempettes sont fabriquées dans une atmosphère contrôlée, ce qui leur confère une durée de vie d'environ 45 à 65 jours, nous permettant ainsi de les exporter vers les États-Unis. En fait, nous essayons de faire en sorte que nos produits aient la meilleure durée de vie possible tout en préservant leurs qualités et leur goût. On ne veut surtout pas sacrifier l'un pour l'autre.»

Étant donné l'origine méditerranéenne des fondateurs de l'entreprise, il est à se demander si la cuisine qu'ils nous servent ne s'inspire pas des recettes de leur enfance. Pas nécessairement, répond Jean-François Collette. «Bien sûr, au départ, les fondateurs avaient tendance à préparer des mets qu'ils connaissent, notamment le couscous et le taboulé. Mais nous ne nous voyons pas comme une entreprise de mets méditerranéens, mais plutôt de produits sains et naturels.»

En fait, les mets produits par Fontaine Santé sont avant tout conçus pour être fabriqués sur une chaîne de production tout en conservant leurs propriétés durant une période acceptable. «Ce sont là de grands défis, insiste M. Collette, pour des produits sans agent de conservation. Vous savez, pour produire une salade qui dure 20 jours, il faut faire des pirouettes!»

Des consommateurs «sains»

Par conséquent, l'entreprise montréalaise poursuit constamment des travaux de recherche-développement. Dans ses laboratoires-cuisines, Fontaine Santé cherche autant à mettre au point de nouveaux produits qu'à améliorer ceux qu'elle confectionne déjà. De surcroît, elle observe les tendances présentes et à venir et essaie de voir quelles nouvelles recettes elle pourrait concocter.

«Nous devons également relever le défi de nous procurer les ingrédients qui entrent dans nos bonnes recettes, enchaîne M. Collette. Par exemple, si le couscous peut paraître un produit banal, il faut savoir qu'il en existe une bonne dizaine de sortes et qu'il nous faut trouver la variété qui nous donnera la bonne recette...»

Le coordonnateur du marketing glisse au passage que le client type des aliments Fontaine Santé est en fait une consommatrice âgée de 24 à 54 ans, plus éduquée que la moyenne, une professionnelle ayant un revenu familial d'au moins 60 000 $ et qui a une propension à bien s'alimenter. «Nos études nous disent que notre cliente type a conscience de l'importance d'une saine alimentation, sans être végétarienne, et qu'elle a tendance à faire de l'exercice», dit-il.

La grande aventure américaine

Depuis l'automne dernier, l'entreprise vend sous la marque Fountain of Health ses produits dans 350 épiceries de la chaîne Kroger, l'un des plus importants détaillants en alimentation des États-Unis. La première difficulté rencontrée lorsqu'on désire s'implanter dans le marché américain consiste à accéder à une chaîne d'épiceries, rapporte Jean-François Collette. «À force d'acharnement, on a été en mesure d'entrer dans la chaîne Kroger, dit-il. On leur a montré ce que nous avons été capables de faire au Québec ainsi que notre grande volonté d'exporter notre expertise.»

Les États-Unis représentant un marché de cent millions de dollars, Fontaine Santé a vite découvert qu'elle n'est pas la seule en son genre. «Par contre, nous nous sommes rendu compte qu'il y a peu de joueurs qui offrent des produits comme les nôtres, c'est-à-dire des aliments sans agent de conservation, indique M. Collette. C'est dire qu'il y a là un vaste créneau à exploiter pour nous...»

Mais le simple fait d'entrer dans une chaîne ne procure pas l'accès à l'ensemble du marché américain. «On vous attribue un certain territoire où vous devez faire vos preuves, précise M. Collette. Dans notre cas, nous nous sommes fait attribuer 350 très bons magasins en Géorgie, en Indiana, au Kentucky et en Ohio. Nous sommes engagés à soutenir nos produits avec des démonstrations en magasin afin de faire connaître notre marque auprès des consommateurs américains.»

Est-ce le début d'une nouvelle métamorphose pour l'entreprise montréalaise? Qui sait ce que lui réserve l'avenir...


Vos réactions


Félicitations! - par Le Guerrier Juliette
Le mercredi 14 mars 2007 13:00

exporter une cuisine? - par yves archambault
Le mercredi 14 mars 2007 11:00

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com