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Lucie Auclair (lucie_auclair@yahoo.ca)
Envoyé Le mardi 13 mars 2007 07:00



C'était presque l'été : le soleil était brûlant, le taux d'humidité, considérable, et il faisait bien 30 degrés à l'ombre. Une amie est arrivée avec son sac d'épicerie dans un centre communautaire. Elle venait utiliser les ressources mises à sa disposition pour travailler, infatigable, à sa recherche d'emploi. On lui a offert une boisson fraîche : « Oh Oui !, s'est-elle exclamé ! Je marche depuis une heure et demie : je reviens de tel supermarché où je suis me procuré ce produit en solde. Je n'avais pas les moyens de l'acheter ailleurs. » Elle n'avait pas non plus les moyens de payer un ticket d'autobus...

Son histoire m'a émue. En l'écoutant, j'ai eu un peu honte de la réaction que j'avais eue en recevant cette fameuse paie, quelques mois plus tôt. Une fracture au poignet m'empêchant de travailler, j'avais concrètement fait connaissance avec la notion de « délai de carence », notion fondamentale tant à l'assurance-emploi que dans notre régime privé d'assurance-salaire : j'ai reçu un gros vingt-trois dollars (23$) pour deux semaines ! Avec à peine quelques dizaines de dollars devant moi ! Bien sûr, je n'ai jamais fait de gros salaires... Mon diplôme de baccalauréat et ma scolarité de maîtrise me permettent de gagner environ 15 000$ par année, avant impôt. Je suis chanceuse ! Les personnes qui travaillent dans mon domaine d'études font souvent un salaire moindre... Moi, j'ai oeuvré dans les milieux de la santé et de l'éducation. En plus, je n'ai été sans emploi que quinze jours, dans ma vie. Vraiment, je suis privilégiée !

Mille mercis à l'équipe de Québec-Solidaire pour ce souci qu'elle prend à défendre les plus mal pris, ceux et celles qui subissent les ratés de nos choix collectifs. Que ceux et celles qui s'opposent à ce discours de solidarité nous expliquent comment l'argent fait sur le dos d'autrui peut faire avancer la société. Qu'on me dise aussi pourquoi certaines gens d'affaires largement soutenus par le gouvernement, vivant parfois très grassement à même nos impôts, sont si rarement pointés du doigt. Pourtant, ce sont aussi des personnes assistées sociales... Riches, mais assistées sociales !

Merci aussi aux milliers de femmes et d'hommes qui, aux prises avec une histoire personnelle ou un âge qui leur bloque la porte du marché du travail, contribuent bénévolement au mieux-être de notre société. Leur apport, trop méconnu, est riche est précieux.

Lucie Auclair

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