Les trois chefs se préparent pour le débat de demain

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Robert Dutrisac , Clairandrée Cauchy
Édition du lundi 12 mars 2007

Mots clés : Mario Dumont, Jean Charest, débat des chefs, Élection, Québec (province)

Le chef de l'ADQ, Mario Dumont, s'attend à faire l'objet d'une campagne de peur des libéraux.

Photo: Agence Reuters

Juste avant de se retirer avec leurs conseillers pour peaufiner leur stratégie en vue du débat, les trois chefs politiques ont tenté de minimiser l'importance des fameux «faiseurs d'image».

«C'est un premier ministre qu'on choisit le 26, ce n'est pas un comédien», a lancé André Boisclair hier lors du dernier point de presse qu'il accordait avant le débat des chefs demain soir.

Au moment du débat, André Boisclair n'entend rien faire pour modifier son image que certains, même dans les rangs péquistes, considèrent comme problématique. «Je ne crois pas à toutes ces stratégies de faiseurs d'image», a-t-il dit. «Est-ce que les Québécois veulent une campagne d'image ou une campagne de fond? Est-ce que ce qui va l'emporter pendant le débat, c'est la couleur de la cravate, le choix des mots ou le fond des choses?»

«Cette campagne, elle se fait sur le fond», a soutenu le chef péquiste. «C'est de la sincérité, c'est de l'honnêteté, la politique. C'est du courage. Et c'est à partir de là que les gens vous jugent.»

Répondant à une question sur son problème d'image, M. Boisclair a cité l'exemple de Jacques Parizeau quand ce dernier était premier ministre. «S'il y en a un avec qui la presse a été assassine» au sujet de son style, c'est bien lui, a rappelé le chef péquiste. Or «ça a été un des meilleurs premiers ministres qui a gouverné le Québec».

Alors qu'André Boisclair subira son baptême de débat des chefs demain, Jean Charest et Mario Dumont en sont respectivement à leur quatrième et troisième débats.

Questionné sur les correctifs qu'il entend apporter à sa façon de se comporter lors du débat, par rapport à sa précédente expérience de 2003, le chef adéquiste Mario Dumont a répondu que, cette fois, il ne se laissera pas guider par des stratèges et des faiseurs d'image.

«Là, il y a un juste un boss, et c'est moi», a-t-il indiqué, précisant aussi qu'il se sentait «assez zen» à l'approche de ce test important.

Dans l'équipe libérale, on jurait également que les «faiseurs d'image» n'ont pas autant de poids qu'on pourrait le croire.

Le chef du PLQ assure pour sa part que sa méthode de préparation, qui comprend des simulations, sera identique à celle utilisée pour les trois derniers débats, dont celui lorsqu'il était chef du Parti conservateur en 1997. «C'est assez informel, a expliqué M. Charest. Ce n'est pas une affaire compliquée. Je vais revoir le plan [électoral], je vais revoir les éléments du bilan [du gouvernement].»

Le chef libéral croit que l'absence, pour une rare fois, du «filtre des médias» lui permettra de donner un nouveau souffle à sa campagne dans cette course particulièrement serrée.

Faire baisser les attentes

Libéraux comme adéquistes s'employaient hier à faire baisser les attentes à l'aube du débat. Les deux chefs ont tous deux prédit qu'ils seraient la cible privilégiée des autres adversaires.

Le chef adéquiste estime qu'il fera l'objet d'une «campagne de peur» des libéraux au cours du débat et pendant la deuxième portion de la campagne. Les sondages montrent en effet qu'après avoir fait le plein d'électeurs péquistes, son parti grugeait maintenant l'électorat traditionnellement libéral.

«On n'est pas naïfs, avec ce qu'on a vu comme genre d'attaques ces derniers jours et ce qu'on a vu comme chiffres [des sondages], on peut s'attendre à ce que le débat soit animé en partie sur notre dos», a prédit M. Dumont.

Il prévoit déjà des critiques sur sa brochette de candidats et sur l'absence de cadre financier. «On va répondre, s'ils disent ça», a répliqué M. Dumont.

Appréhendant le tir nourri des deux adversaires, les stratèges adéquistes espèrent tout simplement que le chef arrivera à «sortir vivant» de l'exercice et consolidera le choix des nouveaux sympathisants convertis ces dernières semaines.

À l'instar de Mario Dumont, le chef libéral, Jean Charest, a lui aussi souligné qu'il serait la principale cible des deux autres chefs demain, en tant que premier ministre sortant. «Ça va être rude pour moi de toute évidence. [...] Je ne me fais aucune illusion sur qui sera attaqué avec le plus de virulence, le soir du débat.»

Le chef péquiste ne cache d'ailleurs pas son intention de malmener le chef libéral sur son bilan. Les Québécois «voient que l'enjeu de cette élection, c'est de se débarrasser d'un gouvernement qui a menti au cours des quatre dernières années», a-t-il lancé hier en donnant en avant-goût du ton qu'il entend donner au débat.

Débat

Le débat des chefs sera diffusé en direct du Parlement demain soir, de 20h à 22h, sur les ondes de Radio-Canada, TVA et Télé-Québec. Les trois chefs auront chacun droit à cinq minutes de déclaration d'ouverture, avant d'enchaîner avec les cinq thèmes: la santé et la mission sociale; l'environnement et le développement durable; la gestion de l'État et l'économie; l'éducation la famille et le développement humain l'avenir politique du Québec. Au cours de ces blocs, les chefs répondront chacun à une question du modérateur, puis trois face-à-face opposeront deux candidats à la fois.

Mario Dumont sera le premier à briser la glace avec la déclaration d'ouverture, suivi d'André Boisclair et de Jean Charest.

Les chefs de Québec solidaire et du Parti vert, qui ont été exclus du débat officiel, seront quant à eux invités à débattre sur les ondes de TQS à 22h30.

***

Avec la Presse canadienne


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Oui à monsieur Bousquet! - par Philippe Champagne
Le lundi 12 mars 2007 20:00

FAISEURS D'IMAGE - par Gilles Bousquet
Le lundi 12 mars 2007 09:00

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