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Bouchard aurait voulu réinventer la roue.

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Zach Gebello (gebe@tlb.sympatico.ca)
Envoyé Le samedi 10 mars 2007 17:00



Si il y en a un qui fait déprimer, c'est bien Gérard Bouchard.
C'est rassurrant et revigorant de voir ici, par les commentaires lucides de Philippe Dubé, Pierre Castonquay, et Annie Rioux, qu'il reste encore des intellectuels bien en forme au Québec. (pour M. Dubé, je fait remarquer qu'il peut lire les textes en question sur le site de l'Institut du Nouveau Monde dans le cahier spécial électronique qui fut disponible en format papier dans le Devoir du 20 janvier 2007: http://www.inm.qc.ca/pdf/cahierspecial2007.pdf)

Vous voyez juste, M. Dubé, en utilisant le terme "clercs" car en effet ce qui les déprime est de s'appercevoir qu'ils ne seront pas pour le peuple les nouveaux porteurs adulés de la "bonne nouvelle" et de la vérité établie.
Seul Bouchard garde un certain espoir, tel un Gepeto, de faire marcher tant bien que mal, aux bouts de ses ficelles, son pantin mythique d'une manière cohérente et vraisemblable. En faire un véritable petit être, en chair et en os, et muni d'une âme, quoi.

Le conte de fée de Bouchard. Une nouvelle génèse.

Bouchard s'inquiète de voir que les anciens, voire millénaires, repères qu'il a lui-même aidé à faire rejetter, pendant la Révolution Tranquille, sont remplacés par de nouveaux mythes qui ne sont pas ceux qu'il avait prévu pour le bien de son "nouveau monde" habité par son "nouvel Adam québécois". Bien pire, il lui semble que les effets (inculture, suprématie du divertissement, utilitarisme, matérialisme, société du plaisir, etc...) sont précisément ceux-là dont mettaient en garde les gardiens des vieux repères. Ce ne devait pas se passer comme ça.

Pourquoi donc les nouveaux mythes de Bouchard (civisme, humanisme, laïcisme, égalitarisme, mondialisme, relativisme, interculturalisme etc...) n'ont pas fait des hommes meilleurs, des hommes nouveaux, solidaires, cohérents et heureux?

La réponse de Bouchard à ce problème est que ces nouveaux mythes sont éclatés, fragmentés et qu'ils doivent donc êtres conjugués. Il pose la question ici dans le texte du Devoir, mais en fait il a déjà trouvé la réponse (qu'on peux découvrir dans le cahier, page 28). C'est d'un mythe fondateur qu'il a besoin et qu'il croit le Québec a besoin.
Mais il a rejetter le mythe fondateur de l'église, celui-là même de la croix de Cartier, et du drapeau. Celui qui était la fondation des mythes d'avant la Révolution Tranquille. Il en faut donc un nouveau.

Et pourquoi nous faut'il retourner 400 ans à l'arrière pour retrouver nos repères? Se demanda Bouchard. Un de mes nouveaux mythes n'est'il pas le concept de "nation civique" qui dicte que la seule et unique spécificité québécoise est sa langue française? Pourquoi retourner à la vieille France lorsque la "nouvelle" France a sa naissance bien après, à la Révolution?. Pourquoi notre fondation ne débuterait'elle pas aussi à notre (ma) Révolution?
La Révolution tranquille sera donc le nouveau mythe fondateur, la conjugaison, de tous les autres mythes de l'homme nouveau (Québécois).

Plus de conquête anglaise, plus de défaite. Plus de Canadiens français.
Plus d'église catholique. Plus de culture avant 1960.

Pourquoi donc sommes-nous si déprimés alors?

Le sain "détachement par rapport à la tradition et indépendance vis-à-vis des courants qui leurs sont contemporains" que nous rapporte Annie Rioux, Bouchard en a fait un "rejet de la tradition et défense contre les courants contemporains".

Gérard Bouchard sous-entend que celà est un phénomène sociale mondial et que nous ne faisons qu'en subir la vague. La réalité est que Bouchard lui-même en est un des agents. Ce n'est pas une vague mystérieuse comme un virus inconnu qui s'attaque à tous les pays succèssivement. Ce sont des concepts qui viennent des hautes organisations (ONU) et qui sont passées aux élites aux pouvoirs dont Bouchard tient un poste stratégique (sociologue émérite). Il est devenu la seule référence pour toutes les questions sociales.

Ce qui est inquiétant, c'est l'adulation que l'élite québécoise institutionalisée et surtout en enseignement porte à cet homme et ce sans qu'un seul "intellectuel" du milieu ne critique le moindrement ses concepts qui semblent faire leurs chemins directement dans le curriculums, commissions, et applications sociales par des groupes d'intérêts partout au Québec.

C'est à se demander si le triomphe de l'opinion par le divertissement n'est pas une défense "instinctive" contre l'intellectuel institutionel qui a perdu tout son pouvoir intime et subversif.

Lorsque Gérard Bouchard inclu le cyberespace comme nouveau mythe moderne, que veut'il dire au juste, lui qui n'utilise que les médias traditionels de masse pour communiquer que dans un seul sens (le sien) sans avoir à répondre ou à entendre l'autre?
Pourquoi sa commission sur les accommodements fait le tour du Québec en véhicules pour rejoindre des élites, quand il y a le cyberespace pour communiquer avec tout le monde instantanément?

Qui vit dans les mythes ici?

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