Querelle entre candidats péquistes sur le tracé de la 30
Mots clés : gonzo, François Rebello, Querelle, Parti politique, Québec (province)
François Rebello traite son collègue de «gonzo»
Les gros mots ne fusent pas seulement entre adversaires en campagne électorale. Une querelle vient d'éclater entre deux candidats péquistes voisins, François Rebello et Michel Pinard, qui défendent des positions opposées dans un dossier qui touche leurs circonscriptions de la Rive-Sud, celui du prolongement de l'autoroute 30. Du coup, M. Rebello qualifie son collègue de «gonzo».Son collègue de La Prairie, le Montréalais François Rebello, qui tente de reprendre cette circonscription passée aux mains du libéral Jean Dubuc en 2003, n'a pas apprécié la sortie publique de M. Pinard. Il l'a dit de façon crue en utilisant un mot anglais signifiant quelque chose comme «nigaud». «L'autre, c'est un "gonzo". Il sort de nulle part avec sa prise de position. Je ne peux rien dire d'autre que ça», a lancé M. Rebello.
Quand Le Devoir lui a fait remarquer que M. Pinard avait été choisi démocratiquement par les militants du PQ, M. Rebello s'est montré cinglant: «Tu regarderas combien il y a de militants du PQ dans Châteauguay comparé à La Prairie. La dynamique n'est pas la même.»
Les deux hommes se contredisent. François Rebello propose que les cinq kilomètres à compléter passent par la route 132. Michel Pinard souhaite que les tergiversations cessent et que l'autoroute 30 emprunte le tracé sud privilégié par les libéraux. «Les gens en ont marre d'attendre», fait valoir M. Pinard. M. Rebello réplique que «c'est un positionnement de promoteurs de centres d'achats qui veulent dézoner des terres agricoles».
Rompu aux procédés de la communication politique, François Rebello est vite monté aux barricades mercredi. Il s'est assuré l'appui des députés Sylvain Simard, président du caucus régional de la Montérégie, Serge Deslières, responsable du dossier des transports, et Stéphane Bergeron, critique en matière environnementale. Il a ensuite coordonné la rédaction d'un communiqué de presse rembarrant son collègue de Châteauguay et mettant en lumière le fait que lui, en comparaison, avait une position en parfait accord avec celle adoptée lors du conseil national du PQ, l'automne dernier. On peut lire dans le communiqué que Michel Pinard «a erré dans son commentaire dans ce dossier». Le communiqué, publié localement en trois copies, a été transmis en main propre par M. Rebello au journal Le Reflet, comme l'a confirmé l'éditrice Hélène Gingras.
Devant l'étonnement du Devoir de voir un péquiste écorcher ainsi un frère d'armes, François Rebello a rappelé qu'il n'était pas celui qui avait lancé la première pierre et, surtout, qu'il n'était pas «un politicien qui a tendance à vouloir perdre». Est-ce à dire que le calcul politique de M. Rebello lui permettait d'attaquer M. Pinard, qui aurait peu de chances de gagner contre le ministre Jean-Marc Fournier?, lui a demandé Le Devoir. «M. Pinard m'écorche moi, qui suis un candidat qui a d'énormes chances de gagner La Prairie», a laissé tomber M. Rebello.
M. Pinard, dont ce sont les premiers pas en politique, a insisté pour préciser qu'il avait vérifié auprès de «l'état-major» du PQ avant de présenter publiquement son point de vue lors d'une conférence de presse vendredi dernier. Il a aussi assuré en avoir discuté jeudi avec l'organisateur en chef Louis-Philippe Bourgeois. «On est en harmonie avec ce que M. Boisclair a dit avant que la campagne débute. [...] Le Parti québécois aurait souhaité que le tracé nord soit retenu. C'était la position. Maintenant, les travaux sont amorcés et la population a exprimé une certaine volonté à ce que ce soit complété le plus vite possible. M. Boisclair a répété il y a trois semaines environ qu'on n'était pas là pour retarder davantage le parachèvement de l'autoroute», a dit Michel Pinard.
Sylvain Simard estime qu'il y a confusion. «Il y a eu un vrai consensus régional pour ne pas empiéter sur les terres agricoles. La seule précaution que nous avons toujours prise, et M. Boisclair avait été clair, c'est que si les travaux sont commencés, on respectera ce qui a été fait. Or les travaux n'ont pas débuté», a d'abord expliqué le président du caucus montérégien. «C'est un collègue qui a peut-être été imprudent dans sa prise de position. Je suis confiant qu'il va se rallier à la position qui est celle des 17 députés de la Montérégie», a-t-il ajouté.
M. Simard a toutefois précisé qu'il n'était pas l'auteur du communiqué de presse dont il venait tout juste de prendre connaissance. «Je me serais bien abstenu, si j'avais vu le communiqué avant, de rabrouer quelqu'un. Ce n'est pas une pratique courante, c'est le moins que l'on puisse dire», a dit M. Simard.
Quant à l'organisateur du PQ, il n'a pas été clair à propos de la teneur exacte de sa conversation avec Michel Pinard. Louis-Philippe Bourgeois a surtout repris la ligne de défense développée plus tôt cette semaine autour de la position controversée du candidat de Sainte-Marie-Sainte-Anne, Robin Philpot, à propos du génocide rwandais. Les médias «cherchent les bibittes», et c'est aussi le cas, selon lui, dans le dossier du prolongement de l'autoroute 30.
Vos réactions
Beau cas de psychanalyse - par Michel Dion
Le dimanche 11 mars 2007 03:00
Rebello a tout à fait raison - par Linda Hart (linda.hart@cgocable.ca)
Le samedi 10 mars 2007 22:00
Autoroute 30 : contourner ou éviter Montréal ? - par Pierre Brisset (gruhm@sympatico.ca)
Le samedi 10 mars 2007 22:00
Rebello a raison - par Christian Nantel
Le samedi 10 mars 2007 10:00
Rebello, fidèle à lui-même !! - par Michel Martin
Le samedi 10 mars 2007 01:00
Pas une première - par Alexandre Cossette (alexandre.cossette@umontreal.ca)
Le samedi 10 mars 2007 01:00
Triste spectacle - par claude Camps
Le samedi 10 mars 2007 00:00

