Airbus est tombé dans le rouge en 2006

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AFP
Édition du samedi 10 et du dimanche 11 mars 2007

Mots clés : A380, Airbus, Économie, Transport aérien, Allemagne (Pays)

Pour l'avionneur, l'année 2007 ne sera probablement pas plus profitable

Le président d'Airbus et coprésident exécutif d'EADS, Louis Gallois,  en compagnie du coprésident allemand, Tom Enders.

Photo: Agence Reuters

Munich, Allemagne -- Airbus, en pleine restructuration, devrait essuyer une nouvelle perte en 2007 après être tombé dans le rouge pour la première fois l'an dernier en raison des déboires de son avion géant A380, plombant du même coup les comptes de sa maison mère EADS.

Les dirigeants du groupe ont souligné hier la nécessité de mener à bien le plan de restructuration Power8 prévoyant 10 000 suppressions d'emploi en Europe, mais ont affirmé qu'il n'y avait «pas urgence» à trouver de nouveaux financements extérieurs et ont promis un dividende aux actionnaires, lors de la conférence de presse de présentation des résultats 2006 d'EADS à Munich, au sud de l'Allemagne.

L'avionneur européen a, comme prévu, subi l'an dernier une perte d'exploitation, à -572 millions d'euros, après un bénéfice de plus de 2,3 milliards d'euros en 2005.

En conséquence, le groupe d'aéronautique et de défense a vu son bénéfice d'exploitation annuel chuter de 86 % à 399 millions d'euros, et son résultat net fondre à 99 millions d'euros, contre 1,68 milliard.

Airbus essuiera «une autre perte substantielle en 2007», imputable aux charges de restructuration, au programme A380, aux charges de lancement de l'A350, et à l'impact du dollar faible, a prévenu le président de l'avionneur et coprésident exécutif d'EADS, Louis Gallois.

Le directeur financier d'EADS, Hans-Peter Ring, a jugé que cette perte serait «à peu près du même ordre de grandeur» que celle de 2006.

Au final, EADS prévoit pour 2007 un bénéfice d'exploitation «stable», assorti d'un chiffre d'affaires en «légère baisse».

Hier à 13H58 GMT, l'action EADS chutait de 5,15 % à 22,47 euros à la Bourse de Paris.

M. Gallois a répété qu'EADS, qui disposait fin 2006 de 4,2 milliards d'euros de trésorerie, n'avait «pas besoin dans l'immédiat de lever des fonds supplémentaires», et qu'il ferait appel au marché «quand ce sera nécessaire».

Le président d'Airbus a néanmoins réaffirmé que l'avionneur «ne [pouvait] pas remettre en cause les grands axes de Power8», qui vise à générer cinq milliards d'euros de trésorerie d'ici 2010 puis deux milliards d'économies annuelles.

L'annonce de suppressions d'emploi et de la cession de six sites de production en Europe a suscité un tollé social et politique, en pleine campagne présidentielle française. Un mouvement d'action européen est prévu le 16 mars.

Malgré la chute des résultats, EADS compte proposer un dividende aux actionnaires lors de l'assemblée générale début mai. Le Premier ministre français Dominique de Villepin avait affirmé lundi être opposé à un versement cette année estimant que «la logique industrielle [devait] l'emporter sur la logique financière».

«Aucun gouvernement ne décide de notre dividende», a réagi sèchement le coprésident allemand Tom Enders.

En 2006, Airbus a été plombé à hauteur de 2,5 milliards par l'A380, qui a pris deux ans de retard, et par 500 millions de charges relatives à l'A350.

Airbus a également passé l'an dernier une provision de 352 millions «au titre d'imprévus liés à l'A400M», le programme d'avion de transport militaire dont l'assemblage affiche désormais trois mois de retard, a admis EADS.

Airbus a malgré tout enregistré une hausse de 14 % de son chiffre d'affaires à 25,19 milliards d'euros, après un record de 434 appareils commerciaux livrés en 2006, et compte réaliser «entre 440 et 450 livraisons» cette année.

Les activités hors Airbus d'EADS (Eurocopter, Espace, systèmes de défense et sécurité...) ont contrebalancé les pertes du constructeur aéronautique. Pour la première fois, la défense a généré un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros (+30 %), et Eurocopter 3,8 milliards.

Ces activités devraient générer «près d'un milliard d'euros» de bénéfice d'exploitation cette année.


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