À voir à la télévision le jeudi 15 mars - Les grands enfants

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André Lavoie
Édition du samedi 10 et du dimanche 11 mars 2007

Mots clés : Benoît Cohen, Cinéma, France (pays)

Peut-on refaire sa vie à n'importe quel âge? Le cinéaste français Benoît Cohen en est convaincu, du moins dans ses films, variations sur le thème de la dernière chance qu'il faut saisir avant qu'il ne soit trop tard. Dans Nos enfants chéris (2002), une bande de trentenaires en vacances avec armes, bébés et bagages est secouée par les souvenirs des amours passées pas tout à fait terminées.

Faisant du cinéma dans un esprit de franche camaraderie, Cohen aime s'entourer des mêmes techniciens et des mêmes acteurs. Une partie de la distribution de Nos enfants chéris (Mathieu Demy, Romane Bohringer, Mathias Mlekuz) se retrouve dans son dernier film, Qui m'aime me suive (2006), un titre visiblement cohérent avec sa démarche.

Encore une fois, un homme dans la trentaine a l'impression d'être passé à côté de l'essentiel; Max (Demy) est un brillant chirurgien, mais il s'en est toujours voulu d'avoir abandonné, 15 ans plus tôt, sa carrière de musicien. Au hasard d'une rencontre avec une chanteuse de bar, Chine (Eleonore Pourriat, également coscénariste), il laisse son (prestigieux) boulot et rassemble les membres de son groupe d'autrefois. Mais

comment faire gober pareil revirement à Anna (Romane Bohringer), une avocate et bonne bourgeoise qui n'a que faire de la musique punk des années 1980? Certains la comprendront...

Dans une atmosphère qui évoque parfois le meilleur de Claude Sautet (avec le bruit des cafés, les petits secrets entre amis, mais sans les riffs de guitare... ), Benoît Cohen décrit avec tendresse le désir sincère d'un homme de se réinventer. Cette tâche, difficile, il ne peut l'accomplir seul, d'où cette bande de joyeux copains, petit portrait de génération à la sauce parisienne. Une sauce pas très différente de celle servie ici par des cinéastes du même âge, l'accent en moins...

Cinéma / Qui m'aime me suive, TV5, 19h


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