Moi qui suis mère d'une femme, elle-même mère d'une autre en devenir, je me prends parfois à rêver d'un temps, d'un monde, d'un espace où, ni moi ni elles, n'auront à penser en fonction de cette virtuelle et très sociale limite qu'est notre genre. Parce que nous avons beaucoup à offrir et encore plus à partager. Parce que nous sommes vivantes, curieuses, lucides, intelligentes, courageuses, déterminées. Féministes? Peut-être est-ce encore le seul mot capable de regrouper tous ces qualificatifs sans en diminuer ni le sens, ni la valeur. Alors je veux bien le porter, le temps qu'il faudra pour que ces préjugés, ces violences, ce mépris qui couvent encore trop et de trop souventes fois sous les portraits que l'on dresse de nous et de nos légitimes aspirations, soient enfin et définitivement perçus pour ce qu'ils sont. La peur de la différence. Celle-là même qui se tapit sous le racisme, la xénophobie, l'ostracisme, l'homophobie et tout ce qui crée malaise entre les Hommes.