Rapport du Bureau international du travail - Les femmes continuent d'être victimes de discrimination en emploi

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AFP
Édition du jeudi 08 mars 2007

Mots clés : marché du travail, femmes, Économie, Discrimination, Suisse (pays)

Genève -- Les femmes qui travaillent sont plus nombreuses que jamais mais continuent à souffrir de disparités de statut, de sécurité de l'emploi, de salaires et d'éducation, selon un rapport du Bureau international du travail (BIT), publié aujourd'hui à l'occasion de la Journée internationale de la femme.

Le nombre de femmes présentes sur le marché du travail -- titulaires d'un emploi ou en recherche active -- a atteint en 2006 le chiffre record de 1,2 milliard sur 2,9 milliards de travailleurs dans le monde, selon le rapport sur les «tendances mondiales de l'emploi des femmes».

«Le fossé entre hommes et femmes se comble mais lentement», selon le BIT, qui souligne que de plus en plus de femmes sont au chômage (81,8 millions).

Les femmes sont également davantage confinées dans des emplois peu productifs du secteur de l'agriculture et des services ou encore sont moins rémunérées que les hommes pour des postes comparables.

Selon les estimations du BIT, en 2006, les femmes avaient plus de risques d'être sans emploi que les hommes: le taux de chômage des femmes s'établissait ainsi à 6,6 %, contre 6,1 % chez les hommes.

Le déséquilibre qui existe entre les deux sexes au regard des taux d'emploi de la population est le plus marqué au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où à peine plus de deux femmes sur dix travaillent, contre près de sept hommes sur dix.

«En 2004, 60 % des travailleurs pauvres étaient des femmes, et tout indique que cela est toujours le cas», selon Mme Dorthea Schmidt, spécialiste du marché de l'emploi au BIT.

«En dépit de quelques progrès, beaucoup trop de femmes sont encore bloquées dans des travaux peu rémunérés, souvent dans l'économie informelle, avec une protection juridique à peu près nulle, peu ou pas de protection sociale et une très forte précarité», a déploré le directeur général de l'organisation Juan Somavia.

Dans la plupart des régions et des professions, les femmes gagnent moins d'argent pour le même emploi. Un examen des données disponibles pour six catégories professionnelles montre que, dans la plupart des économies, les femmes ne gagnent encore que 90 % ou moins de ce que gagnent leurs collègues masculins. Même dans les emplois dits féminins tels la garde d'enfants et l'enseignement, la parité salariale fait défaut.

«Certaines données indiquent que la mondialisation peut aider à réduire l'écart salarial dans certaines professions», note cependant le BIT.

Le rapport montre aussi qu'aujourd'hui, davantage de femmes en âge de travailler occupent un emploi salarié (47,9 %) qu'il y a dix ans (42,9 %). Cependant, l'étude note que plus une région est pauvre, plus les femmes risquent, davantage que les hommes, d'occuper des emplois familiaux non rémunérés ou de travailler à leur compte pour de faibles revenus.

Enfin, bien que les jeunes femmes aient plus de chance d'apprendre à lire et à écrire qu'il y a dix ans, l'accès à l'éducation et le niveau d'éducation sont loin d'être équivalents pour les hommes et les femmes dans la plupart des régions du monde. 60 % de ceux qui abandonnent leur scolarité sont des filles: elles doivent souvent quitter l'école pour aider à la maison ou aller travailler.


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