Vos réactions
Le PQ et les minorités? Quelle plaisanterie!
Évidemment, pour surfer sur cette dynamique un peu usée (le succès d'un "remake" est toujours aléatoire), il faut d'une part se montrer un peu plus subtil sur la forme (d'ou l'étrange concertation pour nous enfoncer dans le crâne qu'on lui veut des misères à cause de son orientation sexuelle, à ce pauvre André), et d'autre part viser les tripes de l'électorat sur le fond, parce quand on a la larme à l'oeil, on ne réfléchit plus (d'ou le "parallèle" opportun avec la discrimination ethnique). Tout cela pendant que le jeune leader la joue noble et stoïque.
La réalité, c'est que le PQ n'a plus grand-chose à apporter à la vie politique québécoise, du moins tant qu'il s'accrochera obstinément à une stratégie référendaire vouée à l'échec, et effectivement c'est injuste de mettre ça sur le seul dos de son chef actuel. Mais ça ne justifie pas le "chantage émotif" qu'on nous sert depuis quelques jours, ni cet appel de dernière minute à la piétaille immigrante, qu'on oubliera commodément une fois la crise résorbée.
Rappelons à cet égard le pitoyable bilan péquiste en matière d'intégration des minorités ethniques, qu'il s'agisse de de représentation parlementaire (tous les péquistes "ethniques" sont systématiquement envoyés à l'abattoir), administrative (mois de 1% de "colored" dans la fonction publique québécoise), ou professionnelle (voir la complaisance du PQ envers le corporatisme des ordres professionnels qui font barrage aux immigrants diplômés, un problème auquel le gouvernement Harper, lui, a pourtant décidé de s'attaquer - constatant l'inaction des juridiction provinciales). On juge d'une action politique à ses résultats, et non à ses intentions si généreuses soient elles.
Une fois les pendules remises à l'heure, quand Mr. Boisclair se sera raffraîchi la mémoire et en aura fini avec ses larmes de crocodile, on pourra peut-être parler à nouveau de choses sérieuses. Les Québécois issus de l'immigration, eux aussi, "ils se souviennent", et ils ont des yeux pour voir. Le "parler vrai" d'un Mario Dumont, ou (hélas) le clientélisme effronté d'un Jean Charest, seront toujours plus efficaces que les beaux discours qui ne mangent pas de pain, parce qu'ils n'ont jamais été suivis de gestes efficaces.
