Québec solidaire ferait payer ses promesses par les riches

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Édition du samedi 03 et du dimanche 04 mars 2007

Mots clés : Amir Khadir, Québec solidaire, Élection, Parti politique, Québec (province)

Le coût du programme: 6,2 milliards de dollars

Amir Khadir et Françoise David

Photo: Jacques Grenier

Québec -- Québec solidaire financerait ses engagements en matière de développement social par une importante révision de la fiscalité, qui ferait payer davantage les riches.

Le parti de gauche de Françoise David et Amir Khadir a présenté hier un cadre financier de 6,2 milliards de dollars pour couvrir ses engagements électoraux.

Il prévoit un effort fiscal additionnel de 1,5 milliard pour les entreprises et la création d'un palier d'imposition supplémentaire pour les particuliers. Le taux d'imposition des individus gagnant un revenu personnel de plus de 84 000 $ passerait de 24 à 28 %, ce qui permettrait de puiser dans leurs poches une somme totale de 1,1 milliard.

Une autre mesure prévoit la modulation de la taxe de vente du Québec afin de taxer davantage les biens de luxe et les produits polluants.

Mme David s'est défendue d'attaquer trop sévèrement le portefeuille des mieux nantis, affirmant que son plan peut s'appliquer «sans grande douleur pour qui que ce soit».

Elle a précisé que seuls 15 % des citoyens profitent de revenus annuels personnels supérieurs à 84 000 $.

«Ce sont des gens qui bénéficient au même titre que les autres d'un coût de la vie moins élevé, de frais de scolarité et d'hydro-électricité moins élevés», a-t-elle dit.

Elle a ajouté qu'il était normal de demander un effort à ces gens «qui pourront quand même se payer leur voyage dans le Sud ou leur deuxième voiture».

Lois antisyndicales

Le programme de Québec solidaire prévoit l'abrogation des lois anti-syndicales du gouvernement Charest à l'endroit des employés de l'État, une hausse des prestations d'aide sociale de 800 millions, une augmentation du salaire minimum à 10 $ l'heure ainsi qu'une extension de la durée des vacances pour tous les travailleurs.

La formation s'engage également à réduire les frais de scolarité de 270 millions et à hausser le financement des transports en commun de 225 millions.

Selon Françoise David, le cadre financier dévoilé hier démontre le sérieux de la démarche de Québec solidaire. «On vient dire aux gens qu'on a le droit de rêver, en rêvant avec les moyens qu'on est capables de se donner pour les réaliser.»

Réagissant au plus récent sondage Léger Marketing, qui donne 5 % d'appuis chacun à Québec solidaire et au Parti vert, Mme David a de nouveau déploré que les verts aient refusé sa main tendue pour une alliance électorale.

Elle a dit espérer que le parti écologiste se montre ouvert à un rapprochement «pour la suite des choses».


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