Les marchés boursiers terminent la semaine en baisse

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François Desjardins
Édition du samedi 03 et du dimanche 04 mars 2007

Mots clés : réserve fédérale, marchés boursiers, Économie, Canada (Pays)

Plusieurs économistes croient que l'économie nord-américaine passera sans trop de problèmes à-travers le ralentissement qu'elle connaît présentement

Hier, les marchés se sont calmés mais ne se sont pas complètement remis.

Photo: Agence Reuters

Les Bourses nord-américaines ont terminé la semaine en recul, mais il ne faudrait pas croire que le dérapage de mardi et les réflexions de l'ancien président de la Fed sur une éventuelle récession annoncent le début d'une phase baissière, estimaient des économistes hier.

«Rien de ce qui s'est passé cette semaine sur les marchés ne nous incite à changer nos prévisions pour le Canada, les États-Unis et le monde», a écrit l'équipe d'économistes de la Banque Toronto-Dominion, selon laquelle l'économie nord-américaine traverse une légère baisse de régime mais reprendra du galon en 2008.

La semaine a débuté sur les chapeaux de roues. À Shanghai, où la Bourse a explosé de 130 % en 2006, la journée de mardi s'est déroulée sous le signe de la nervosité. «La débandade des marchés semble avoir débuté dans le cadre d'une partie de téléphone arabe, a poursuivi la TD. La première personne dans la file a dit: "Pékin est la capitale chinoise", et la dernière à l'arrière jure qu'elle a entendu: "Pékin implante une taxe sur les gains en capital de 20 %."»

La principale Bourse chinoise a plongé de 9 %. En phase haussière depuis quatre ans sans interruption, les marchés nord-américains en ont eux aussi pris pour leur rhume. Le Dow Jones, où résonnaient les propos de M. Greenspan, a perdu 416 points, la septième perte en importance de son histoire et la plus importante depuis le 17 septembre 2001. À Toronto, le TSX a chuté de 364 points, ou 2,7 %.

Redressement partiel

Réconfortés par les propos de l'actuel patron de la Fed au sujet de la robustesse relative de l'économie mondiale, les marchés se sont calmés mais ne se sont pas complètement remis. Hier, le TSX a terminé à 12 863,27 points, en baisse de 1 %. Sur la semaine, il a perdu 4 %.

À Wall Street, le Dow Jones des 30 grandes industrielles a lui aussi clôturé en baisse de 1 %, à 12 114 points, pour une baisse hebdomadaire de 4,3 %. Les marchés américains souffraient entre autres de l'appréciation du yen, qui complique sérieusement certaines opérations d'investissement outre-pacifique.

En Chine, la principale place boursière, soit l'indice de Shanghai et de Shenzhen, a repris 1,4 % mais affichait sur la semaine une baisse de 6,3 %. «Les marchés chinois [à l'origine du dérapage] se stabilisent», a écrit quand même hier la Banque de Montréal.

Pour la TD, l'épisode chinois n'a rien de forcément inquiétant. «Comme tout marché émergent», il y aura de temps à autre des crises de croissance. Or le phénomène chinois observé cette semaine a ceci d'intéressant que le marché boursier de ce pays est plutôt petit «et pas important d'un point de vue systémique», a relevé la TD. «Ce qu'on a vu est le reflet du débat sur la direction que prendra l'économie mondiale.» Environ 60 % des exportations chinoises sont produites par des entreprises cotées à des Bourses hors de la Chine et 40 % des profits de compagnies cotées sur le S&P 500 proviennent de l'extérieur des États-Unis, a-t-elle précisé.

«Pour ces raisons, des signes de faiblesse économique dans un ou l'autre de ces deux pays seraient systémiquement importants», a écrit la TD. Sans vouloir nier les risques, la banque croit néanmoins que l'économie nord-américaine passera sans trop de problèmes à travers le ralentissement de «mi-cycle» qu'elle connaît présentement.

La TD était tout aussi flegmatique par rapport à M. Greenspan, dont les propos ne semblent pas avoir impressionné la banque. Lorsqu'il a parlé d'une éventuelle récession, dit-elle, il l'a fait «sans vraiment préciser ce qu'il voulait dire». «Dire que les économies canadienne et américaine pourraient connaître une récession, c'est un peu comme si on disait qu'un nageur olympique peut se noyer au bout de son couloir. Est-ce possible? Oui. Est-ce plus probable que s'il était debout dans la partie peu profonde? Évidemment. S'agit-il du dénouement le plus probable? Non.»

Si elle retient quelque chose de la baisse de mardi, la Banque de Montréal se réjouit notamment du fait que la débandade a également emporté avec elle le secteur des matières premières. «Ceci suggère que le mouvement de vente était lié aux liquidités et à l'évaluation des cours boursiers et ne représente pas un soudain décalage entre l'offre et la demande de matières premières», a écrit Bart Melek.

La croissance chinoise des dernières années, et la demande qu'elle génère à certains égards, est un des principaux facteurs expliquant la montée en puissance des grandes sociétés minières et pétrolières. Cette demande pour des matières premières canadiennes explique aussi, en partie, l'augmentation sidérante du cours du dollar canadien depuis 2002. Les prix se sont repliés depuis un an, mais ils sont encore trois fois supérieurs à ce qu'ils étaient en 2002.

La semaine qui vient sera marquée par une décision de la Banque du Canada concernant les taux d'intérêt. La croissance économique s'est montrée «moins robuste» au quatrième trimestre, a indiqué hier le Mouvement Desjardins, mais cela ne l'empêchera pas de laisser son taux directeur inchangé à 4,25 %.

Plusieurs économistes s'entendent pour dire que la Banque du Canada prêtera plus d'importance au fait que l'inflation est contrôlée et que le taux de chômage touche des creux de 30 ans. De plus, pour le premier trimestre de 2007, la TD prévoit une croissance annualisée d'environ 3 %.


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