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Le Québec des quêteux

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Linda Hart (linda.hart@cgocable.ca)
Envoyé Le lundi 26 février 2007 18:00



Entre les sessions de "À soir on fait peur au monde" de M. Charest et les questions "précises" de M. Paquet, on se croirait revenu 30 ans en arrière. M. Paquet s'interroge sur la monnaie et il réagit exactement comme un bon petit colonisé. Il ne voit pas que les Québécois occupent une place non négligeable dans l'économie canadienne et que celle-ci est également importante pour le Québec. Cette interdépendance est évidente et elle plaide, autant pour le Québec que pour le reste du Canada, en faveur d'une monnaie commune, comme les pays souverains membres du Marché Commun l'ont fait en adoptant l'Euro. En ce qui concerne la citoyenneté, si nous faisons l'indépendance, ce n'est pas pour conserver la citoyenneté canadienne. Si le Québec devient un pays, ses habitants seront Québécois, pourquoi voudraient-ils être Canadiens ? C'est un pays que nous voulons, pas une colonie, n'en déplaise à M. Paquet. Ce même M. Paquet semble très inquiet de notre adhésion à l'ONU, il voit se dresser des embûches insurmontables dans le cadre du processus d'adhésion. On pourrait parler longtemps de l'intérêt d'une adhésion à l'ONU, mais admettons que cette adhésion nous intéresse, que ferons-nous ? Nous ferons exactement la même chose que l'Érythrée, nous y adhérerons. Rappelons les faits, concernant ce petit pays d'Afrique voisin de l'Éthiopie. L'Érythrée et l'Éthiopie formaient une fédération, cette fédération avait été mise en place par les puissances coloniales (cela doit vous rappeler quelque chose M. Paquet). En 1961, devant les prétentions autonomistes de l'Érythrée, l'Éthiopie l'a envahi et annexé. En 1993, après une guerre longue et sauvage, l'Erythrée a finalement acquis son indépendance suite à un référendum (Eh oui, il y en a qui sont moins peureux que nous, il y en a même beaucoup)et le pays a adhéré à l'ONU le 28 mai 1993. Cela devrait rassurer M. Paquet sur le sort d'une demande du Québec. De plus, je ne crois pas que le Canada aurait grand-chose à y redire et qu'il prendrait le risque de déconsidérer son image internationale en refusant de s'incliner devant le vote de la majorité (vox populi, vox dei). En ce qui concerne l'OTAN, la France n'a pas été membre de l'OTAN durant de nombreuses années et ne s'en portait pas plus mal. Cet organisme, complètement inféodé aux intérêts Américains, n'est pas particulièrement intéressant pour le Québec qui aura bien d'autres choses à faire avec son argent qu'à développer une force armée. Pourquoi le ferait-il ?

En ce qui regarde les insanités de M. Charest concernant les chèques de pension, les tranferts etc., tout cela est d'une telle mauvaise foi qu'on se croirait revenu à l'époque de notre PET national, du coup de la Brink's et des affirmations à l'effet que le PQ était un nid de communistes et qu'une fois au pouvoir, il s'empresserait de vider les comptes de banque des citoyens. Je croyais que nous avions dépassé ce stade d'infantilisme et il semble bien que ce n'est pas le cas. Le bon peuple est toujours consentant à se faire emplir et il continue à apprécier ceux qui lui mentent à pleine bouche et qui le prennent pour une bonne poire. C'est navrant à dire, mais les Québécois auront le gouvernement qu'ils méritent. Un peuple qui troque son indépendance pour les paiements de transferts qu'il peut aller chercher dans les poches de plus riches que lui, sans se questionner sur la raison pour laquelle les autres sont plus riches que lui, sans jamais réaliser que le Canada n'a jamais été fait pour lui et qu'il a systématiquement et grassement avantagé les autres, qui se limite béatement au statut de l'éternel quêteux plutôt que de prendre son destin en main, qui devient frileux dès qu'on lui dit qu'un Québec indépendant devra se battre pour s'imposer, n'est qu'un peuple sans couilles et sans courage qui ne mérite rien d'autre que de faire rire de lui par Jean Charest et Stephen Harper.

Rappelons aussi que M. Charest, lors d'un récent périple européen, a affirmé en entrevue que le Québec possédait les outils nécessaires à assurer son devenir comme pays. Je comprends mal comment il se fait que personne ne lui ait encore cloué le bec en lui soulignant l'illogisme de sa position actuelle, à la lumière de cette affirmation. Les Québécois ont la mémoire courte et sélective, on se demande d'où leur vient leur devise.

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