Beaucoup d'efforts de coopération sont actuellement déployés vers la Chine et l'Inde parce qu'on y voit l'immense marché asiatique littéralement en explosion. Pourtant ce n'est pas un marché naturel et facile pour nous. Les jeunes asiatiques veulent apprendre l'anglais et non le français pour des raisons très pragmatiques faciles à comprendre dans le contexte actuel de la mondialisation. Nos chances de succès en coopération internationale sont bien meilleures en Amérique du sud où la communauté linguistique est bien plus facile à établir. Notre institut a reçu à de multiples reprises des étudiants brésiliens, argentins et chiliens qui s'intègrent rapidement à la mentalité québécoise et parle français en 4 mois. La réciproque est aussi vraie. Nos stagiaires en Argentine et au Brésil nous reviennent après 6 mois avec l'espagnol ou le portugais (ou même les deux langues) dans leur bagage et une formation scientifique tout à fait à la haute des standards internationaux. Beaucoup de décideurs et de gestionnaires québécois s'obstinent à considérer les Brésil, l'Argentine et le Chili comme des pays sous-développés, ou tout au plus en développement. Archi faux ! Ça fait 20 ans que je collabore avec des laboratoires brésiliens et ce n'est pas une affaire de charité chrétienne ou d'aide aux plus démunis. Au contraire, les jeunes professeurs universitaires brésiliens et argentins ont été formés dans les meilleures universités nord-américaines et européennes. Ils seraient preneurs de tout programme de coopération Québec-Amérique du sud mais nous n'en avons pas. Ou presque rien ! Des petits stages de quelques semaines non rémunérés. Il n'existe pas de bourses de maîtrise ou de doctorat qui permettraient d'envoyer un étudiant au moins un an dans un pays d'Amérique du sud. Tout comme le FQRNT vient de développer avec le CRSNG le concept des «Bourses en milieu de pratique» pour attirer nos étudiant vers l'industrie, on devrait travailler au concept des «Bourses en milieu étranger» pour envoyer nos jeunes un an, ou même 2 ou 3 ans dans des laboratoires soigneusement sélectionnés, évidemment, d'où ils pourraient tirer une richesse énorme tant au plan scientifique qu'humain. Sincèrement Emilien Pelletier