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réponse à l'article de M. Lacroix
Ce que dit M. Lacroix sera peut-être vrai si ce modèle était applicable aux étudiants qui ne font pas leurs études en Affaires, en Médecine ou en Génie. En Arts, en Littérature, en Philosophie, en Psychologie, en Langues, en Arts Plastiques, en Danse, en Science Politique, en Histoire, etc. on n'est pas garanti le "taux de rendement positif" donc parle M. Lacroix. Il a pris les emplois au plus grand revenu comme exemple, ce qui n'est pas représentatif du tout de la majorité. De plus, les raisons pour lesquels on choisi un majeur n'est pas basé uniquement sur le 'taux de rendement positif' que l'on devrait recevoir à la fin de nos études, mais avec les intérêts personnels de la personne en question. On a un droit, en tant que société d'avoir accès à ces idées, et pouvoir s'éduquer sans avoir peur de ne pas pouvoir repayer le coût de notre éducation. Combien de personnes seront silenciés, ou obligés, en raison de leur situation financière, d'aller dans des domaines qui ramènent le plus d'argent, à la place du domaine qui les intéresse le plus? En silenciant ces personnes, on se silence en tant que société. 'À long terme, entrevoyons nous une société sous-cultivée, axée sur la productivité et la rentabilité mais incapable d'autocritique?* Plus les frais de scolarité augmentent, plus la question de l'argent gagne du poids dans la système universitaire. Aura-t-il de la place pour la Philosophie ou les Arts Plastiques dans nos facultés d'ici dix ou quinze ans?
Vu que le reste du Canada a déjà dégelé leurs frais de scolarité, on a pu voir les GRANDS bénéfices à leurs sociétés. Une fois que le coût de l'éducation commence à monter, les inscriptions baissent considérablement, ce qui fait que l'université soit obligée de monter encore les frais de scolarité, ce qui fait, inévitablement, encore une baisse d'inscriptions, etc. (Je pense que l'on puisse bien comprendre le cycle qui est commencé.) Cela nous emmène, plus tôt ou plus tard, dans une société avec un système d'études universitaires complètement privatisé, avec les positions les plus importantes réservées aux riches. Ce n'est pas parce que les autres provinces ont choisi de se mettre dans le trou que l'on est obligé de faire la même chose.
De plus, ce n'est pas raisonnable de dire "Comme les frais de subsistance et de logement doivent être encourus, que l'individu soit aux études ou sur le marché du travail, ils ne doivent pas être retenus comme une composante du coût des études, sauf si un supplément était spécifiquement attribuable au lieu des études." C'est comme si l'on disait, 'Bien, vu que vous aurez été obligés de le payer quand même, on l'ignore dans nos calculations.' Cela ne prend pas compte du fait que la GRANDE majorité des étudiants ne peuvent pas travailler à temps plein pendant leurs études et sont donc obligés de travailler à temps partiel- ce qui réduit leur revenu pendant les années qu'ils seront aux études, et les obligeant souvent de prendre plus de prêts.
Au moment que l'on privatise complètement un de nos services essentiels, tel que l'éducation, la fonctionnement de ses établissements n'est plus une question de personnes, mais une question d'argent, de rentabilité. Quels programmes apporteront le plus d'argent à l'école? Et à quel prix pour les autres programmes, les autres formations, les autres manières de penser?
*cet extrait est prise de la pancarte Au-delà des 103 millions : contre la dérive de l'éducation.
