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Le plan budgétaire libéral de 2002

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Philip Merrigan (merrigan.philip@uqam.ca)
Envoyé Le mercredi 21 février 2007 13:00



Étant un des analystes du plan liberal de 2002, je me sens contraint de répondre au courriel de Monsieur Pomerleau. Ce plan se basait sur des hypothèses réalistes sur la croissance économique, l'impact de la croissance sur les revenus du gouvernement provincial, sur la croissance des transferts fédéraux et les intérêts payés sur la dette.

La croissance économique a été un plus faible que prévue, la croissance des transferts fédéraux aussi en début de mandat, mais elle est maintenant beaucoup plus forte, enfin les prédictions du plan sur les intérêts étaient très justes, 7,3 millions prévus pour 2007-2008 par le gouvernement actuel, 7,7 prévus dans le plan 2002. Il faut aussi mentionner que les prévisions ont été faites sur une base de revenus de l'état plus élevés que ceux révisés par les libéraux une fois au pouvoir. Les projections du plan étaient faites sur la base des revenus publiés à l'époque, soit en 2002.

Il faut se rappeler du fameux trou budgétaire du premier budget 2003-2004. Pour s'en convaincre il faut regarder les projections du dernier budget Marois, mais je m'éloigne de mon sujet.

En signant mon avis sur les hypothèses utilisées par le plan, j'écrivais à la fin qu'une conditions sine qua non de sa réalisation était le gel nominal des dépenses dans les autres secteurs que la santé et l'éducation.

Pour la santé, le gouvernement s'en tient à ce qu'il avait prévu (approximativement 5.1% nominalement par année), pour l'éducation il prévoyait 1.75% par année, l'augmentation a été plus près de 4%, on annonce une augmentation en fait de 4.4% pour l'an prochain, donc déjà des dépenses plus élevées que prévues.

Cependant, la baisse d'impôt ne s'est pas produite car le gel nominal dans les autres secteurs ne s'est pas produit. En effet, le plan de 2002 prévoyait pour 2007-2008 des dépenses de programme de 50,5 milliards alors que le gouvernement actuel en prévoit 53,6 pour 2007-2008, 3,1 milliards de plus. La marge de manoeuvre pour des baisses d'impôt était là, le gouvernement a fait d'autres choix, entre autres l'équité salariale.

En fait, lorsqu'on revoit le plan de 2002 à la lumière des chiffres d'aujourd'hui il n'était pas si mal. Comme analyste on me demandait que si les hypothèses économiques sous-jacentes au plan étaient plausibles, la question sur la discipline nécessaire pour réaliser les projections de dépenses de programmes relève plus des sciences politiques que des sciences économiques.

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