SIDA - Gates et Harper investiront 139 millions pour un vaccin

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Édition du mercredi 21 février 2007

Mots clés : Stephen Harper, Bill Gates, SIDA, santé, Investissement, Canada (Pays)

Le multimilliardaire Bill Gates a annoncé un partenariat avec le gouvernement canadien dans l'espoir de développer un vaccin contre le sida. Stephen Harper a confirmé l'investissement de 111 millions du fédéral.

Photo: Agence Reuters

Ottawa -- Dans sa croisade contre l'épidémie de sida, l'homme d'affaires et philanthrope américain Bill Gates était de passage au Canada hier pour annoncer un partenariat avec le gouvernement canadien dans l'espoir de développer un vaccin contre cette maladie.

Dans une salle du parlement, le premier ministre Stephen Harper et le président de Microsoft ont annoncé un investissement total de 139 millions dans une initiative qui financera la recherche de ce vaccin, sa fabrication éventuelle dans des installations qui seraient construites au Canada et les essais cliniques du vaccin.

Le premier ministre, en confirmant l'investissement de 111 millions du fédéral, a admis que l'élaboration d'un vaccin représentait «l'un des plus grands défis scientifiques de notre époque». Mais le Canada veut contribuer «aux efforts mondiaux visant à concevoir des vaccins sécuritaires, efficaces, abordables et mondialement accessibles contre le VIH», a poursuivi M. Harper.

Le multimilliardaire, dont la fondation s'est donné comme priorité de trouver un vaccin contre le sida, a tenu à souligner que la réussite n'est possible que si tous, gouvernements, gens d'affaires et chercheurs, poussent à la roue. La mise au point d'un vaccin pourrait bien prendre encore 10 ans, a souligné M. Gates, mais «nous pourrions être chanceux et y arriver en moins de temps [...] Plus nous allons y investir des efforts, plus nous pourrons réduire le temps requis».

L'annonce a été bien accueillie par la communauté de chercheurs et les organismes de lutte contre le sida, qui s'empressent cependant de rappeler qu'un vaccin est une solution à long terme pour un problème dont les effets se font sentir quotidiennement au Canada comme dans les pays les plus pauvres.

La réaction contraste vivement avec celle qu'avait suscitée, en juillet dernier, l'absence du premier ministre Harper lors de la Conférence mondiale sur le sida, à Toronto. Considérant l'événement trop «politique», M. Harper avait boudé la rencontre présidée par le Canada et repoussé à plus tard une annonce prévue.

«Je voudrais que cette annonce représente une première étape», souhaite Joanne Csete, directrice générale du Réseau juridique canadien VIH/sida, qui espérait une annonce à plusieurs volets et estime que l'annonce du financement d'un vaccin est un volet «politiquement facile».

Mais il reste encore beaucoup à faire auprès des populations plus à risque, tels les prisonniers, les toxicomanes, les travailleuses du sexe, les communautés autochtones et les plus démunis de la société. «Investir, c'est d'abord avoir une vision. Ce n'est pas juste faire une annonce à l'occasion ici et là. C'est être conscient que la réalité du sida n'a pas changé, être conscient qu'au Canada il y a 11 infections par jour, ce qui veut dire qu'il y a certainement de la prévention et de l'éducation qui ne se font pas», dit le docteur Réjean Thomas, spécialiste du sida à la clinique L'Actuel, au centre-ville de Montréal.

Le gouvernement fédéral, dans le cadre de sa stratégie de lutte contre le VIH/sida, a investi 63,2 millions en 2006-07.

Pour les partis d'opposition, l'annonce d'hier est perçue positivement, mais on n'a pas manqué de souligner les lacunes dans d'autres aspects. «C'est bien d'avoir un nouveau bâtiment, mais là où il y a un manque terrible, c'est du point de vue de la recherche», a noté le chef libéral, Stéphane Dion.


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