Vos réactions
Le présumé consensus autour du dégel
1- Nous croyons que les études post-secondaires forment des gens qui sont utiles à la population québécoise et donc que l'investissement que nous faisons en eux est rentable.
2- Nous croyons également que tous ceux qui en ont le potentiel devraient être en mesure de faire des études universitaires, car nous croyons à l'égalité des chances.
Si ces raisons ont été suffisantes pour garantir une accessibilité aux études à une génération, pourquoi pas à la notre aussi?
Il semble en fait qu'on a plutôt voulu jouer le jeu de l'exemple, en prenant à parti l'étudiant riche qui n'a pas de problème à payer ses études et qui se permet de voyager et de vivre la grande vie. Oui, il existe cet étudiant, mais il y en a peu qui sont véritablement dans cette situation. On joue aussi la carte des universités pauvres pour justifier le besoin d'une contribution étudiante augmentée. La principale cause des problèmes financiers des universités est la négligence de leur financement par les deux paliers de gouvernement depuis une dizaine d'années.
De toute manière, quand on compare le déficit des universités avec l'argent que veut aller chercher le Parti Libéral en taxant les étudiants, on voit bien que la véritable solution à long terme ne réside pas là. Le fardeau de renflouer les coffres des universités est bien moins lourd sur le gouvernement que sur les étudiants, qui doivent déjà s'endetter fortement pour terminer leurs études.
Pour la forme, je ne crois pas qu'il serait injuste d'indexer les frais de scolarité. Tout en sachant qu'une l'indexation de l'aide financière est d'autant plus essentielle pour les étudiants pauvres qui doivent assumer les hausses du coût de la vie (logement, électricité, nourriture...)
Alors, j'aimerais qu'on essaie d'arrêter de nous faire croire que le dégel est inévitable. Ce n'est pas parce qu'on a des voisins moins soucieux de l'accessibilité aux études qu'on devrait se ranger derrière eux.
Yves Michaud, étudiant à l'Université de Montréal
