Je suis vraiment déçue de la tournure des débats actuels sur le financement de l'éducation, et encore plus déçue d'entendre le Parti libéral affirmer que les étudiants doivent « faire leur part ». Leur part, ils la font en choisissant de poursuivre des études postsecondaires. Les diplômés universitaires apportent beaucoup de bénéfices à la société : ils ont moins recours aux services de santé ainsi qu'à l'assurance-chômage, et surtout participent pleinement au financement des services sociaux par l'entremise des impôts. Le rôle de l'État est donc de favoriser l'accessibilité aux études postsecondaires, afin de permettre à tous les jeunes - indépendamment de leur milieu social - d'accéder à l'université. Ainsi, la mission de l'université est d'éduquer la société, de favoriser l'égalité des chances et la mobilité sociale. Or, la proposition de Monsieur Charest de dégeler les frais de scolarité vient contre cette vision de la société qu'ont les Québécois et pour laquelle ils se sont battus depuis la Révolution tranquille. Le choix du dégel c'est le choix du désengagement de l'État face à ses responsabilités sociales mais aussi de transformer l'éducation en un bien privé. Les Québécoises et Québécois devront faire un choix aux prochaines élections, celui d'élire un parti responsable et soucieux des besoins de la société.