Bombardier lance le CRJ1000 pour faire concurrence à Embraer
Mots clés : CRJ1000, Embraer, Bombardier, Industrie, Transport aérien, Brésil (Pays), Québec (province)
L'avion régional de 100 places doit être assemblé à Mirabel

On n'ose pas se prononcer non plus sur les impacts qu'aura sur les emplois ce nouveau modèle dont les ailes et la carlingue doivent être construites aux usines de la compagnie à Belfast, le cockpit aux usines de Saint-Laurent à Montréal, mais dont l'assemblage final doit se faire à Mirabel. Tout dépendra d'une multitude de facteurs allant du contexte économique aux succès des autres modèles vendus par l'entreprise, a expliqué en conférence téléphonique le président et chef de l'exploitation de Bombardier Aéronautique, Pierre Beaudoin.
«Chaque fois que Bombardier annonce le lancement d'un nouvel appareil, c'est une bonne nouvelle pour ses employés, a-t-il dit toutefois. Cela agrandit la famille de nos produits, cela nous ouvre de nouveaux marchés et cela augmente notre potentiel de croissance à long terme.»
Appelé jusqu'à hier CRJ900X, le CRJ1000 sera une version allongée du biréacteur régional CRJ900 à 86 places lancé en 2000 qui était lui-même une version allongée du CRJ700 de 70 à 78 places entré en service en 1997. Sa mise au point nécessitera un budget de développement de 300 millions que Bombardier entend assumer seul. Son premier vol devrait se faire dans le courant de 2008.
«Il s'agit clairement d'un produit de niche», a expliqué Pierre Beaudoin. Son but est de répondre à la demande de la clientèle des avions régionaux qui réclame des avions plus gros.
Le CRJ1000 se veut un concurrent direct à l'Embraer 190 qui compte 98 à 106 places et dont le constructeur brésilien a déjà reçu 300 commandes fermes, a constaté Benoît Poirier, analyste financier pour le Mouvement Desjardins. De ce point de vue, «le nouvel appareil de Bombardier renforcera sa gamme de produits offerts par rapport à Embraer», a-t-il ajouté bien que l'appareil de Bombardier doive arriver avec quatre ans de retard sur son équivalent brésilien.
L'éventuel projet de Série C est d'une tout autre nature, a expliqué Pierre Beaudoin. «Ce sont deux marchés très différents. La Série C serait une occasion d'entrer dans un beaucoup plus gros marché.» Du fait de son nombre de passagers, de son autonomie de vol et de son efficacité, elle serait une toute nouvelle famille d'avions, a-t-il dit, visant à desservir pour la première fois des routes principales parcourues actuellement par les plus petits appareils de Boeing et Airbus. Le budget de développement, estimé à 2,1 milliards, ne serait pas le même non plus.
La compagnie n'avait rien de neuf à annoncer hier en ce qui concerne la Série C. Elle disait, en janvier, poursuivre son travail de développement technologique et de prospection commerciale avec une équipe réduite et confirmait avoir reporté à 2013 la date prévue pour la première livraison. Elle doit refaire le point à la fin du mois de mars.
Plus efficace que la concurrence
Rallongé de trois mètres par rapport au CRJ900, le CRJ1000 gardera les mêmes moteurs auxquels on aura donné plus de puissance et sera muni d'ailes ayant plus de portance. Son confort intérieur sera également amélioré, promet Bombardier, avec notamment plus d'espace et des hublots élargis. Son principal atout sera de peser 12,5 tonnes de moins que l'Embraer 190, ce qui lui permettra d'afficher des frais d'exploitation de 15 % inférieurs à ceux de son concurrent brésilien.
Vendu 47 millions l'unité, le CRJ1000 a trois clients de lancement qui ont passé un total de 38 commandes fermes, dont 15 étaient auparavant des commandes de CRJ900 qui ont été transformées, et auxquelles s'ajoutent 23 commandes conditionnelles et options.
Filiale d'Air France, la compagnie Brit Air a passé une commande ferme de huit appareils, équivalant à 371 millions, et a pris des options pour huit autres. La compagnie italienne My Way Airlines a, quant à elle, transformé sa commande ferme de 19 CRJ900 totalisant 701 millions en septembre, en une commande de 4 CRJ900 et 15 CRJ1000 d'une valeur totale de 857 millions. Un troisième client, qui a demandé à Bombardier de ne pas dévoiler son nom, a pour sa part passé une commande ferme de 15 CRJ1000 totalisant 704 millions, mais qui pourrait grimper à 1,5 milliard s'il se prévaut des 15 autres commandes conditionnelles qu'il a aussi passées.
La nouvelle d'hier a eu l'heur de plaire aux investisseurs. La valeur de l'action a gagné 25 ¢, ou 5,5 %, en clôturant à 4,79 $CAN.
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