Appareils de loterie vidéo - Le sénateur Jean Lapointe se rapproche de son but
Mots clés : sénateur, Jean Lapointe, loterie vidéo, Jeu de hasard, Canada (Pays), Québec (province)
Ottawa -- Le sénateur Jean Lapointe n'a peut-être pas encore gagné son pari, mais il a fait un pas de plus vers la réalisation de son rêve: interdire l'omniprésence des appareils de loterie vidéo (ALV) au Canada.
«Je suis très heureux de la tournure des événements», a lancé le député Denis Coderre, qui parraine à la Chambre des communes le projet de loi du sénateur. «Notre rôle comme parlementaire est de faire une différence. Et on sait qu'en matière de loterie vidéo, l'occasion fait le larron.»
Malgré leur opposition initiale, le Bloc québécois et le NPD ont accepté d'appuyer le projet de loi afin de permettre à celui-ci de se rendre en comité parlementaire et d'être débattu à fond. Les deux partis partagent les objectifs du projet de loi, soit de limiter au maximum la présence d'ALV dans les communautés, mais ils s'inquiètent que le projet puisse outrepasser les compétences du gouvernement fédéral.
«Notre critique en matière de justice, Joe Comartin, s'est laissé convaincre de laisser aller le projet de loi en comité pour ainsi mieux l'amender», explique le porte-parole du NPD, Karl Bélanger. Les députés néo-démocrates seront libres de voter comme bon leur semble, mais la plupart, prévoit M. Bélanger, imiteront leur collègue.
Chez les conservateurs, le vote sera libre aussi, mais tout indique que la plupart voteront contre le projet de loi, justement pour une question de compétences. «À lui seul, ce projet de loi pourrait envenimer les relations entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux», a fait valoir la députée conservatrice Joy Smith hier.
Le projet de loi du comédien et sénateur Jean Lapointe prévoit d'interdire les ALV sur le territoire canadien, sauf dans les casinos, les hippodromes et les salles de paris. Ce projet de loi a passé avec succès l'étape du Sénat et doit être adopté par les Communes pour avoir force de loi. Avec l'appui des deux autres partis d'opposition, les libéraux sont presque assurés de remporter le vote mercredi soir.
Il restera encore à convaincre le Comité parlementaire de la justice, auquel il est destiné, de s'y attaquer en priorité: le comité est déjà submergé par les nombreux projets de loi resserrant le Code criminel déposés par le gouvernement conservateur.
Dans la province, Loto-Québec a critiqué cette initiative parlementaire parce qu'elle risquerait de laisser l'industrie entre les mains du crime organisé dans certaines régions où il n'y a ni hippodrome ni casino, comme le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'Abitibi ou la Côte-Nord. «Ce serait ouvrir la porte au retour du marché illégal qui sévissait au Québec dans les années 1980. Ce sont les abus de l'époque qui ont mené le gouvernement à confier cette industrie à Loto-Québec», avait affirmé Jean-Pierre Roy, porte-parole de la société d'État.

