Boisclair ridiculise l'équipe ministérielle de la région de Québec
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Québec -- Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a fait ses choux gras hier d'une intervention de l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare qui, la veille, accusait Michel Després de «regarder ses souliers» lorsque le dossier du jardin zoologique de Québec était débattu au sein du gouvernement.
En dépit des signaux positifs affichés par l'économie régionale (taux de chômage très faible, pluie d'investissements publics), le chef du PQ a concentré ses attaques sur le développement économique, en insistant sur le «recul» dans l'investissement privé et le manque de crédits d'impôt alloués à la recherche et au développement dans la région. «La région de la Capitale-Nationale, qui compte pour 28 % de la matière grise universitaire au Québec, ne reçoit que 7 % des crédits.»
M. Boisclair a aussi cherché à écorcher au passage le ministre de la Santé, Philippe Couillard, qui s'est joint cette semaine à l'équipe de candidats de la région de Québec. «J'espère que M. Couillard fera davantage à Québec qu'à Montréal, puisque celui-ci a été presque absent des grands dossiers de développement de notre métropole», a-t-il lancé.
Le ministre Després s'est empressé de réagir. «L'énoncé de M. Boisclair montre à quel point il ne connaît pas notre capitale nationale», a-t-il déclaré d'entrée de jeu avant d'énumérer une série de statistiques économiques. «Lorsque le gouvernement du Parti québécois a quitté le pouvoir, le taux de chômage était de 7,6 % dans la région de Québec. [...] En 2006, il était de 5,6 %. Il y a 360 000 personnes qui occupent un emploi dans la région. C'est un record.» Prié de réagir aux commentaires de Marc Bellemare à son endroit, le ministre des Transports s'est montré moqueur, montrant fièrement ses souliers bien vernis aux journalistes. «Si M. Boisclair veut rouvrir le zoo, qu'il en prenne lui-même l'engagement.»
Division du vote de droite
Par ailleurs, ni M. Boisclair ni M. Després n'ont voulu se montrer alarmés par la montée de l'ADQ indiquée par les sondages dans la région. M. Boisclair compte notamment bénéficier de la division du vote de droite: «Les deux sont en train de rivaliser pour la droite. Ça nous laisse le champ libre. [...] Nous allons nous présenter avec une version renouvelée de la social-démocratie.»
Un sondage Léger Marketing plaçait cette semaine l'ADQ en tête des intentions de vote à Québec avec 34 %, devant les libéraux (31 %), les péquistes récoltant pour leur part 21 % des appuis. Le chef du PQ a cherché à minimiser la percée conservatrice dans la région. «Si aujourd'hui il devait y avoir une élection fédérale, ce n'est pas sûr que le Parti conservateur serait le parti au pouvoir. Je n'ai pas entendu des gens de Québec soutenir l'intervention militaire en Irak comme les conservateurs l'ont fait. Je ne [les] ai pas entendus dire qu'ils étaient d'accord avec M. Harper sur la remise en cause du protocole de Kyoto.»
Sur le même sujet, M. Després s'en est tenu à ce commentaire: «L'Action démocratique est considérée comme un joueur important par nos collègues. Il y a aussi le Parti québécois et les autres partis. Tous les partis sont là pour gagner.»

