Le Grand Tour - Trois petits jours et puis s'en vont

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Gilles Payer
Édition du samedi 17 et du dimanche 18 février 2007

Mots clés : vélo, Le Grand Tour, Tourisme, Sport, Québec (province)

On a beau aimer le vélo, mais pour des vacances, une semaine complète peut sembler un acte masochiste s'il s'agit d'une première. Par bonheur, il est possible d'opter pour le forfait week-end: trois jours au terme desquels on aura épargné son fessier. Et on quittera à regret le camp de vacances pour grandes personnes!

Le Grand Tour, un circuit différent chaque année, s'est permis quelques jours hors Québec pour la première fois en 2006. À l'aller, le passage aux douanes des 2000 touristes en autobus s'est très bien déroulé grâce à une préparation soigneuse.

Bien entendu, ne pas avoir à transporter ses bagages ni à préparer les repas est un argument puissant lorsqu'on voyage à vélo. On n'a qu'à pédaler, perdre son regard dans le paysage et piquer sa tente en fin de journée. Cela ouvre une dimension que ne permet aucun voyage motorisé.

Le carnet de route remis au début du périple est complet, les emplacements choisis pour les étapes sont adéquats et les ressources, efficaces. C'est du moins ce qu'on a pu constater dans la portion de trois jours au Vermont, ainsi qu'à Stanstead, en Estrie, pour le tour de 2006.

L'animation sur le site est remarquable le soir venu: bar, orchestre et ambiance digne des 5 à 7 branchés. Au souper, une énorme tente permet aux 2000 porteurs de cuissard de festoyer, beau temps, mauvais temps. Le 7 août, en fin de journée, un orage particulièrement généreux nous avait simplement fait sourire car le bruit était assourdissant... Une expérience sensorielle de plus. Nous mangions et buvions sans trop nous en rendre compte. Le plaisir d'être à table était intact.

D'ailleurs, le vin facultatif était bien sélectionné et peu coûteux, ce qui n'est pas anodin quand il s'agit de vacances organisées! Dans l'ensemble, c'est détendu et on fait connaissance facilement. On parle vélo, souvenirs, et on partage des conseils entre «veufs» du vélo puisqu'on découvre parfois que nos conjoints respectifs nous ont «laissé» partir!

Confession étonnante, un soir, au sujet d'une catégorie de participants qui fait le Grand Tour comme on fait le Tour de France: mon confident m'a raconté que ceux-ci évitent l'alcool et les gras; ils ne boivent que de l'eau et... y ajoutent des comprimés dans le but d'augmenter leur performance! Voyons donc, des touristes en vacances!

Mais n'allez pas croire que le Grand Tour est un rassemblement de fous de vitesse, un défilé de m'as-tu-vu filant sur des bécanes ultralégères et coûteuses. C'est beaucoup plus que ça. Des couples, des personnes seules, de petits groupes d'amis, des retraités à la cuisse dure, quelques familles, de jeunes hommes à vélo de montagne, des pharmaciennes, des évaluateurs de crédit automobile... C'est un microcosme de la société dont le dénominateur commun est l'amour du vélo, une certaine volonté de vivre ensemble et une satisfaction à se surpasser en roulant.

Il y a aussi des contemplatifs et des antihéros dont la gloire est d'arriver derniers au village, escortés par le véhicule officiel du Grand Tour. Il faut être là pour entendre les gens applaudir sans malice ces derniers arrivés!

Le tour 2006 et sa partie au Vermont ont permis de traverser les vertes vallées, de voir ces nombreuses maisons ornées du drapeau américain et d'admirer l'architecture typique de la Nouvelle-Angleterre. Après une journée de telles splendeurs entrecoupées de pentes, le service de massothérapie est bienvenu. Et quand le tarif est raisonnable, ça détend aussi le portefeuille.

Les résidants du Vermont sont amicaux. Il faut dire que 2000 personnes qui passent devant chez vous à vélo, ça finit par intriguer. Une famille avait confectionné des drapeaux canadiens piqués sur la pelouse pour saluer notre passage.

L'itinéraire indiquait un accès Internet dans une bibliothèque sur notre chemin. J'y ai envoyé une carte virtuelle à la famille. Bien sûr, un clavier d'ordi au Vermont n'offre pas d'accents. Des vacances, c'est un dépaysement constitué d'anecdotes!

Il avait fait beau durant ces trois jours mais la rigueur supplémentaire que le mauvais temps aurait imposée n'aurait que multiplié le bonheur d'arriver à la fin de sa journée. C'est ça, la vérité des vacances à vélo: l'impression exacerbée de sentir qu'on accomplit son destin et que celui-ci ne peut l'être qu'au prix d'au moins quelques

efforts...

Le Grand Tour 2007

L'itinéraire choisi pour le prochain Grand Tour part d'Alma le 4 août, passe par Tadoussac, descend par Charlevoix et se termine à Québec le 10 août. Vu les dénivellations, il est coté 4/5, comme au Vermont. Encore cette année, les cyclistes peuvent opter pour le logement en auberge, mais il faut faire vite car les places partent toujours rapidement et la mise en vente débute le 13 mars. www.velo.qc.ca/voyages.

Le Grand Tour revient en territoire exclusivement québécois pour une bonne raison: l'inauguration de la route Verte (www.routeverte.com), le plus grand réseau cyclable en Amérique. L'événement sera consacré au site d'arrivée, le Domaine Maizerets.

La route Verte est l'aboutissement d'une vision, à savoir doter la province d'un réseau sécuritaire reliant les régions, comme cela se fait en Europe.

Collaboration spéciale


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