Un candidat, c'est bien, mais deux, c'est mieux!
Mots clés : Québec solidaire, Françoise David, candidat, Parti politique, Québec (ville)
Un candidat de Québec solidaire aura une «candidate associée» à ses côtés afin de «partager les tâches» entre les sexes et de permettre une meilleure conciliation travail-famille

Évidemment, l'expérience pose un certain nombre de problèmes techniques. Y aura-t-il deux noms sur le bulletin de vote? «Non, malheureusement, la loi électorale ne permet encore qu'un seul nom par parti», a-t-il souligné. Ce que, d'ailleurs, le directeur général des élections (DGE) a confirmé hier. «Mais en termes pratiques, à Charlesbourg, les gens savent que le candidat n'est pas seul, qu'il a une candidate associée.» Est-ce à dire qu'ils seront deux sur les affiches électorales? «On a beaucoup hésité, mais finalement, il n'y aura qu'un seul visage, le mien. Mais ce qui est sûr, c'est que les pancartes, c'est de la pollution visuelle. On va en avoir quelques-unes seulement», a répondu M. Dumais.
S'ils étaient élus, les co-députés de Charlesbourg innoveraient aussi, mais dans les limites du cadre actuel. «On ne pourra pas fonctionner à deux dans le Parlement parce que ce n'est pas admis juridiquement, sauf qu'en pratique, on va être capables de se partager la tâche.» Ce modus vivendi permettrait de concilier le travail politique et la vie de famille. Déjà, constate M. Dumais, la formule s'est révélée «très avantageuse». «Parfois, il y a des réunions qui sont fixées et je ne peux pas y assister à cause de mon travail. Martine y va et nous assurons une présence.» Lundi, lorsque nous avons téléphoné à la candidate associée, celle-ci s'est dite dans l'impossibilité de nous parler pour des raisons familiales: «Présentement, Monsieur, c'est le "rush" des devoirs avec les enfants, et ensuite c'est le souper. Il va falloir qu'on se reparle un autre jour à une autre heure. Désolé, ce sont mes priorités.» Advenant qu'ils soient choisis par le peuple, les co-élus établiraient une position commune avant de voter au Parlement: «Si on avait le droit, on irait voter chacun notre tour.» Et le salaire du député (ou de la députée), il faudrait le partager, non? «Je prônerais qu'on aille jusque-là», a soutenu M. Dumais.
Farfelu?
Le candidat le reconnaît: «Plusieurs personnes à qui je présente notre idée trouvent ça assez farfelu au départ, mais lorsqu'elles y réfléchissent un peu, elles se disent que ç'a plein de bon sens de partager un tel travail. Il ne faut pas se le cacher: la job est énorme. Un député ou, pire, un ministre, c'est faramineux, l'ouvrage qu'il a. Nous, on dit qu'il y a de l'ouvrage pour deux, c'est tout.» En fait, il s'agirait de reconnaître un état de fait actuel: «J'ai témoigné à la Commission sur la loi électorale, où j'ai présenté un mémoire. J'ai expliqué à une députée que quand elle quitte sa circonscription pour aller à Québec, il y a quelqu'un qui reste dans le comté et qui répond pour l'élu. Notre formule n'est pas si différente et ne fait qu'officialiser les choses», a-t-il affirmé. La notion de candidat associé a un autre avantage, a ajouté M. Dumais: «Deux personnes, c'est toujours mieux. Il y a des gens qui sont peut-être plus à l'aise avec moi et d'autres plus confortables avec Martine. Nos citoyens auraient donc le choix de confier leurs problèmes, de soumettre leurs suggestions à celui des deux élus avec lequel il préférerait parler.»
M. Dumais se dit conscient que Françoise David n'est pas très chaude à l'idée de la candidature associée. Mais il croit que la formule reproduit au niveau du comté le «principe de porte-parole homme et porte-parole femme» du national. (Il faut aussi savoir que pour se conformer à la loi électorale, QS a un «chef» désigné, Réjean Séguin, une sorte de «lieutenant-gouverneur» -- en moins onéreux, bien sûr --, qui ne prend aucune décision.) Par ailleurs, M. Dumais nuance: «Nous, on ne propose pas un modèle. C'est juste qu'on fonctionnait mieux comme ça.» Il a expliqué que Mme David craint qu'on présente cette formule comme une solution pour atteindre un des objectifs cardinaux de QS, la parité hommes-femmes dans les candidatures. En passant, Mme David se disait confiante cette semaine d'annoncer bientôt «d'excellentes nouvelles quant à la parité».
Investitures collectives
La notion de candidature associée n'est pas la seule innovation politique présentée par QS en cette période préélectorale. La formation politique de gauche organise aussi des «assemblées d'investiture collectives». Comme le faisait récemment remarquer le blogue QuébecPolitique.com, «on avait connu les mariages collectifs durant la Seconde Guerre mondiale; nous avons droit aujourd'hui aux investitures collectives grâce à Québec solidaire».
En effet, QS organisera une grande assemblée d'investiture à Montréal lundi et en Outaouais le 21 février afin de désigner les candidats dans les circonscriptions dénuées d'association locale ou dans celles où le nombre de membres est trop restreint pour tenir une assemblée d'investiture autonome. «Puisqu'on ne veut pas que ça soit deux ou trois personnes qui nomment les candidats, on fait une assemblée régionale en bonne et due forme. Ça permet une décision plus collective», a expliqué Mme David. «Il y a d'autres cas où ce n'est pas forcément parce qu'il n'y a pas d'association. Mais il peut y avoir des associations très petites où les gens se disent: "tiens, on va faire ça tout le monde ensemble"», a expliqué la porte-parole.
Jusqu'à maintenant, dans les 125 circonscriptions, 70 candidats de QS ont été choisis et 38 confirmations sont attendues très bientôt. Le sondage Léger Marketing-Le Journal de Montréal créditait QS de 5 % des intentions de vote.
Vos réactions
Un parti dans la brume - par Roland Cote
Le vendredi 16 février 2007 22:00
Innover enfin ! - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le vendredi 16 février 2007 10:00
L'innovation n'est pas la mère de tous les vices, au contraire. - par André Julien
Le vendredi 16 février 2007 08:00
Une direction claire - par Pierre Lacombe
Le vendredi 16 février 2007 08:00
Delisle....lieutenant-gouverneur? - par jacques noel
Le vendredi 16 février 2007 07:00
Deux pour le prix d'un. - par Sonia Trépanier (enrico14@sympatico.ca)
Le vendredi 16 février 2007 06:00

