Le procès le plus compliqué qui ait été organisé en Espagne - Début du procès de 29 prévenus pour les attentats de Madrid
Mots clés : Madrid, attentats, Criminalité, Justice, Espagne (pays)

Photo: Agence Reuters
Vingt Arabes, en majorité d'origine marocaine, sont inculpés pour appartenance à une organisation terroriste. Certains sont accusés de meurtres. La plupart sont par ailleurs mis en cause pour avoir pris part à un trafic de drogue afin de dégager les fonds nécessaires à l'achat des explosifs, aidé des suspects à prendre la fuite ou préparé les bombes mortelles qui ont explosé dans quatre trains de banlieue et fait près de 2000 blessés en plus des 191 morts. Neuf Espagnols comparaissent quant à eux pour avoir fourni les explosifs à la cellule islamiste.
Pendant les audiences, qui devraient s'étaler sur plus de cinq mois, l'accusation cherchera à comprendre comment une cellule islamiste s'est développée en Espagne et a décidé de commettre un attentat pour infléchir la politique étrangère espagnole.
Rabeï Osman Sayed Ahmed, soupçonné d'être l'instigateur de l'opération, a été le premier à comparaître hier. «Je ne sais rien au sujet de ces accusations», a-t-il affirmé. «Avec tout le respect que je vous dois, je ne répondrai à aucune question, pas même à celles de mon avocat.» Il a ensuite changé d'avis et fait savoir qu'il accepterait de répondre aux questions de son défenseur.
Arrêté à Milan trois mois après les attentats, Ahmed, également connu sous le nom de Mohamed l'Égyptien, a été condamné en novembre à dix ans de prison par un tribunal italien. Les autorités italiennes l'ont extradé pour permettre à la justice espagnole de le juger.
Deux autres suspects considérés par l'accusation d'être avec Ahmed les «idéologues» du groupe sont présents au procès. Le quatrième faisait partie du groupe de sept suspects qui
se sont fait exploser dans un appartement de la banlieue de Madrid encerclé par les forces de l'ordre quelques semaines après les attaques.
«C'est probablement le procès le plus compliqué qui ait été organisé en Espagne», estime-t-on de source proche de l'Audience nationale, la Haute Cour de justice espagnole. «Au fur et à mesure que les preuves seront rassemblées, il y aura sans doute de nouvelles affaires liées au 11-Mars. Mais au moins, à l'issue de ce procès, on devrait savoir l'essentiel de ce qu'il y a à savoir.»
La police enquête toujours sur ces attentats. Elle a récemment arrêté six autres personnes soupçonnées d'avoir des liens avec les fugitifs. Plus de 600 témoins et une centaine d'experts seront appelés à la barre.

