La crise se poursuit

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Jean-Robert Sansfaçon
Édition du jeudi 15 février 2007

Mots clés : REER, Olymel, Entreprise, Économie, Québec (province)

En imposant de lourdes compressions à ses employés, dont une diminution salariale de 11 % (17,77 $ au lieu de 20,65 $ l'heure), l'abolition de la contribution de 3,5 % au REER collectif, l'augmentation des cotisations à un régime d'assurance moins généreux, la réduction du nombre de congés de 13 à 11 et celle du nombre de jours de libération syndicale de 400 à 75, sans parler des modifications aux normes de travail visant à réduire les coûts, Olymel remporte une première manche... mais pas la guerre.

Au total, les économies pourraient atteindre autant que 12 millions de dollars par année, ce qui est déjà beaucoup. Mais les problèmes de cette industrie ne se limitent pas aux coûts de rémunération, qu'on dit toujours supérieurs à ceux des concurrents canadiens et américains. Ailleurs au pays, Maple Leaf a mis en vente ses usines d'abattage de porcs pour n'en garder qu'une seule, qui se consacrera à la préparation de produits transformés. Pourtant, les salaires des employés de Maple Leaf sont encore plus bas que ceux d'Olymel.

L'usine de Vallée-Jonction est moderne et présente la particularité de mettre en marché un produit frais à durée prolongée sans congélation (communément appelé chill), comme l'exige une clientèle japonaise prête à payer le prix d'un tel produit. Malgré cela, l'usine doit accroître sa production et sa productivité pour améliorer sa rentabilité.

On l'a déjà dit: produire et transformer du porc coûte trop cher depuis que le dollar canadien a pris de la valeur, ce qui force les transformateurs à comprimer leurs dépenses. Après les travailleurs d'usine, ce sont les producteurs de porc qui risquent de devoir répondre aux exigences des transformateurs comme Olymel. Au moment de négocier avec ses employés, Olymel évaluait à environ six millions par année le manque à gagner provenant des prix trop élevés payés aux producteurs. Ceux-ci devront aussi mettre la main à la pâte pour contribuer au redressement de l'entreprise, affirmait le négociateur Lucien Bouchard en entrevue au Devoir.

Or Dieu sait que les producteurs font aussi face à de sérieuses difficultés. Un certain nombre d'entre eux ne survivent que grâce aux subventions. Au cours des derniers mois, leur fédération a suspendu la vente par encan électronique parce que le prix d'équilibre entre l'offre et la demande était descendu trop bas. C'est pourtant cette même fédération qui avait créé cet encan. C'est dire combien les producteurs sont coincés entre leurs coûts de production qui ne cessent de grimper et le prix que les transformateurs sont en mesure de payer.

Il n'y a pas si longtemps, l'industrie porcine était une vraie mine d'or, au point où elle attirait même des producteurs laitiers, pourtant considérés comme les riches de nos campagnes. Aujourd'hui, il est difficile de prévoir de quel côté le vent tournera à l'horizon 2010, mais au moment d'écrire ces lignes, c'est une tempête qui souffle le froid sur toutes les composantes de cette filière agroalimentaire.


Vos réactions


Le porc - par Philippe Champagne
Le jeudi 15 février 2007 22:00

industrie du prorc...!? - par yves archambault
Le jeudi 15 février 2007 19:00

Industrie porcine et subventions aux exportations - par Jean-Pierre Lusignan (jplu@globetrotter.net)
Le jeudi 15 février 2007 10:00

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