Capital de risque - Les réformes libérales ont été efficaces, dit l'industrie

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Éric Desrosiers
Édition du mercredi 14 février 2007

Mots clés : Mouvement Desjardins, Fonds de solidarité, Capital de risque, Investissement, Québec (province)

L'industrie québécoise du capital de risque dresse un bilan positif des réformes entreprises depuis l'arrivée du gouvernement Charest pour promouvoir l'investissement privé.

Le total des investissements effectués au Québec par les fonds américains et étrangers est passé de 77 millions en 2003 à 185 millions en 2006, s'est félicité hier Réseau Capital au moment de dévoiler son bilan de l'année dernière. La somme atteinte l'année dernière représentait à ce chapitre une augmentation de 63 % par rapport à 2005 et le plus haut total atteint depuis 2000.

Au total, plus de 603 millions ont été investis en capital de risque en 2006, soit 9 % de plus que les 552 millions de 2005. Pour la première fois, les fonds étrangers ont été ceux qui ont contribué le plus, avec 31 % du total. Ils ont ainsi relégué à la deuxième place les fonds fiscalisés du Fonds de solidarité de la FTQ, du Mouvement Desjardins ou encore du Fondaction de la CSN, qui ont représenté 24 % du total. Suivent les fonds privés indépendants (13 %), le gouvernement (11 %) et les investisseurs institutionnels, comme la Caisse de dépôt et placement et les grandes banques (7 %).

«C'est une excellente nouvelle», a commenté Denis Labrèche, premier vice-président à la firme Ernst & Young et président du comité de statistiques de Réseau Capital, l'association qui regroupe les principaux investisseurs publics et privés de l'industrie au Québec. «C'est bien parce que les fonds étrangers sont généralement des fonds spécialisés qui ont de bons réseaux de contacts. Cela donne accès à nos entrepreneurs québécois à des capitaux, mais cela leur ouvre aussi des marchés à l'étranger.»

Une telle réussite n'aurait pas été possible, estime Réseau Capital, sans la volonté du gouvernement Charest de réduire la part du financement public et sans son travail, aidé par des acteurs comme la Caisse de dépôt, pour attirer de nouveaux acteurs privés. «Non seulement il y a eu volonté, mais il y a eu mise en place de cette volonté-là, a dit Denis Labrèche. On les a attirés ici. On leur a pointé des entreprises. On a investi avec eux.»

Le Québec premier

La performance du Québec en 2006 est d'autant plus remarquable que la situation a été plutôt stagnante dans le reste du Canada. Les investissements totaux en capital de risque ont été de 1,7 milliard au pays. Le Québec ressort une fois de plus comme la province où on a investi le plus, avec 36 % du total canadien, comparativement à 33 % en 2005.

Véritablement transporté par l'industrie biopharmaceutique, le secteur des sciences de la vie est celui qui a attiré le plus d'argent au Québec, avec un total de 263 millions en 2006 équivalant à 44 % du total des fonds investis. Il a été suivi par le secteur des technologies de l'information, avec 217 millions et 36 % du total. Les secteurs traditionnels, ainsi que les autres technologies, ont quant à eux reculé par rapport à 2005, avec respectivement 86 millions (-16 %) et 37 millions (-18%).

Le nombre d'entreprises financées a chuté de 31 % de 2005 à 2006, passant d'un total de 263 à 179. Cela s'est naturellement traduit par une augmentation significative de l'investissement moyen dans chacune d'elles, qui est passé de 2,1 millions à 3,4 millions. «Ce que cela veut dire, c'est que les entreprises ont de quoi voir venir pour plus longtemps, a expliqué Charles Cazabon, président de Réseau Capital et vice-président à la Banque de développement du Canada. C'est comme une auto: plus tu mets de l'essence dedans, plus elle pourra aller loin.»

Cela indique également que les investisseurs ont privilégié des projets plus avancés dans leur développement et donc plus chers, mais aussi moins risqués. Cela signifie également que moins d'argent a été investi dans le démarrage de nouvelles entreprises.

L'essentiel de cet argent est allé aux endroits où les industries sont concentrées et le mieux organisées, mais aussi là où les investisseurs étrangers ont des contacts et leurs habitudes. Comme chaque fois, la région de Montréal a accaparé la part du lion avec 72 % des sommes investies, suivie de loin par celles de Gatineau (10 %), de Québec (7 %) et de toutes les autres régions du Québec (11 %).

Revirement spectaculaire

On a pensé en début d'année que 2006 serait un mauvais cru en matière de capital de risque. On ne savait pas alors que les trois derniers mois de l'année allaient marquer un revirement spectaculaire de la situation, avec des investissements totaux de 246 millions, soit 41 % du total pour toute l'année 2006. Cette hausse soudaine serait due au hasard de la conclusion de plusieurs affaires par des investisseurs privés, a-t-on expliqué chez Réseau Capital.

L'association faisait partie de ceux qui avaient réclamé, avec les auteurs du rapport Brunet, que le gouvernement Charest favorise un rééquilibrage entre les fonds publics et les fonds privés en matière de capital de risque. Québec devait par la suite décider du retrait de la SGF de ce secteur, ainsi que de la privatisation des sociétés Innovatech et de la création du programme FIER visant à encourager les fonds fiscalisés à investir dans des fonds privés québécois. Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, s'est réjoui lundi des résultats obtenus à cet égard lors des dernières années au Québec. «Le virage est réussi, nous pouvons dire: mission accomplie», a-t-il déclaré.


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Spéculation - par coté carol
Le mercredi 14 février 2007 20:00

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