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Une petite leçon de géographie

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Jean Lemire
Envoyé Le jeudi 15 février 2007 19:00



Il est essentiel de faire un peu de géographie si l'on veut comprendre d'où viennent les confusions concernant l'Antarctique et le réchauffement climatique. Il est important de comprendre que le continent antarctique représente une superficie qui correspond à celle des USA et du Mexique réunis. Il est donc essentiel de faire une distinction entre la péninsule antarctique et le continent. C'est un peu comme si l'on parlait du réchaffement à Montréal et que l'on citait l'exemple de Los Angeles pour contredire ou défaire un argument. Deux villes, un même continent... deux climats...

Les conclusions sur les effets des changements climatiques autour de la péninsule antarctique constituent l'un des plus grands consensus scientifique. Aucun débat possible, c'est l'exemple le plus cité. Le climat autour de la péninsule antarctique s'est réchauffé de près de 2,5 C au cours des cinquante dernières années, ce qui correspond à une hausse environ cinq fois plus importante que la moyenne du globe. À ce chapitre, vous trouverez les références scientifiques autant du côté des scientifiques américains, anglais, espagnols, argentins, chiliens, bref, un consensus de la part de toutes les stations scientifiques qui ont pignon sur glace autour de la péninsule (et que nous avons visitées).

Pire, du côté Ouest de la péninsule, les américains (pas trop chauds pourtant pour dénoncer les hausses de climat) ont noté une augmentation hivernale de 6 C lorsqu'ils ont comparé les températures du mois de juin (1er mois de l'hiver antarctique) au cours des 51 dernières années. On parle ici des scientifiques du US National Science Foundation. Même conclusions de la part des scientifiques du prestigieux British Antarctic Survey (Angleterre) pour ne nommer que ceux-là.

Jamais, dans mes communications, je n'ai parlé du continent antarctique puisque ma mission, faut-il le rappeler, n'étudiait que les effets des changements climatiques autour de la péninule antarctique, et même en son côté Ouest seulement. De plus, mon rôle, en tant que vulgarisateur scientifique, est de reprendre, de façon rigoureuse, les informations scientifiques des différents chercheurs sur le terrain. En ce sens, simplement pour vous mettre au parfum, je prépare une série de films sur les effets des changements climatiques autour de la péninsule. Ma plus grande difficulté réside dans un fait bien simple: nous n'aurons sans doute pas assez de 3 heures pour énumérer toutes les preuves de ces changements. Attention, pas les miennes, mais bien celles recueillies au sein des plus grands scientifiques de la planète.

Quand le GIECC résume une situation en parlant des résultats pour le CONTINENT antarctique, il parle de sa région continentale. Si vous pouvez avoir accès au rapport détaillé, et si vous vous donnez la peine de lire les articles scientifiques concernant la péninsule antarctique, vous réaliserez bien rapidement que les conclusions du même GIECC sont tout à fait en accord avec nos conclusions. Normal, nous reprenons les mêmes sources!!!!!

Il faut savoir lire et comprendre les articles scientifiques avant de pouvoir affirmer n'importe quoi. La liberté d'expression demande un minimum d'analyse critique. On ne parle pas ici d'une opinion sur un sujet, mais plutôt d'une incompréhension sur un sujet suite à une mauvaise lecture et analyse des faits rapportés. Contrairement à vous, je ne vous jugerai pas, vous, l'homme derrière ces mots, pas plus que je vous ne traiterai de menteur. Car le débat, maladroitement basé sur un malentendu géographique, n'existe tout simplement pas.

J'espère que ces précisions vous rassureront sur mon rôle de messager de la communauté scientifique, pour le seul bien commun.

Bien à vous,
Jean Lemire

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