Désarmement - Accord avec la Corée du Nord à Pékin
Mots clés : Christopher Hill, Désarmement, Bombe nucléaire, États-Unis (pays), Corée du nord (pays)
Pékin -- Un accord a été conclu, dans la nuit d'hier à aujourd'hui à Pékin, visant le démantèlement du programme nucléaire militaire de la Corée du Nord au terme de négociations marathon entre les deux Corées, les États-Unis, la Russie, le Japon et la Chine.
La Chine a diffusé un «texte final» décrivant comment doit commencer le désarmement nucléaire de la Corée du Nord, a confirmé de son côté le principal négociateur américain.
«La partie chinoise a distribué un "texte final" qui doit être présenté aux capitales des délégations. Nous aurons une autre réunion demain [aujourd'hui] et nous verrons si nous pouvons obtenir qu'il soit approuvé», a dit le diplomate américain Christopher Hill.
Auparavant, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, avait indiqué que les pourparlers s'étaient terminés sur une note positive, après un marathon de 16 heures. Mais il n'a pas confirmé un accord définitif et a indiqué que les négociateurs se réuniraient ce matin pour sceller le résultat de leurs efforts. «Après des consultations extraordinairement intenses, quelques progrès ont été faits», a dit M. Qin.
Ainsi, sous réserve de l'approbation de leurs gouvernements -- qui pourrait être donnée dès aujourd'hui -- les négociateurs semblent avoir réussi à éviter un nouvel enlisement du processus lancé en 2003, obtenant une réponse de la Corée du Nord à un projet d'accord prévoyant une aide énergétique en échange du démantèlement de son programme nucléaire.
Hier matin, le négociateur américain Christopher Hill et ses homologues japonais et sud-coréen, Kenichiro Sasae et Chun Young-woo, avaient affirmé être dans l'attente d'une réponse de l'émissaire de Pyongyang, Kim Kye-gwan.
«Nous avons tout mis sur la table. Nous avons proposé des solutions sur un certain nombre de questions. Ils [les Coréens du Nord] ont juste à donner leur réponse. Je ne crois pas que nous ferons d'autres concessions», avait déclaré M. Hill.
«Je suis encouragé par le fait que nous avons réussi à faire un pas vers la question de la dénucléarisation», a-t-il souligné, sans donner de détails. Il a toutefois souligné que cela impliquait des engagements spécifiques de Pyongyang et que des groupes de travail seraient mis en place pour la mise en oeuvre de ces objectifs dans environ un mois.
«La Corée du Nord sait bien quelles sont les mesures que nous sommes prêts à prendre en contrepartie de sa réponse. J'attends de la Corée du Nord qu'elle donne un avis», avait jugé pour sa part l'émissaire sud-coréen Chun Yung-woo.
Les pourparlers achoppaient sur la question des compensations énergétiques. La Corée du Nord a notamment exigé pour démanteler son programme nucléaire deux millions de tonnes de mazout, selon la presse japonaise, soit quatre fois plus que ce qui était prévu par un accord de désarmement de 1994, désormais caduc. Elle aurait également demandé, selon, l'agence japonaise Kyodo, deux millions de kilowatts d'électricité. Dimanche, l'émissaire japonais avait dénoncé «des attentes et des exigences excessives» de la Corée du Nord.
Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, citant une source proche des négociations, les participants demanderaient également aux Coréens du Nord de désactiver leur principale installation nucléaire, le réacteur de Yongbyon, à 90 km au nord de Pyongyang, qui produit du plutonium susceptible d'être utilisé à des fins militaires, en échange de cette aide énergétique.
La crise avait été provoquée par la décision de Pyongyang, fin 2002, de reprendre ses programmes nucléaires en violation d'un accord conclu avec les États-Unis en 1994. Elle s'est encore exacerbée après le premier essai nucléaire du régime communiste en octobre 2006.

