La littérature a-t-elle encore sa place au cégep?
Mots clés : Éducation, littérature, Livre, Cégep, Québec (province)
La littérature aura-t-elle toujours sa place dans les institutions collégiales? Quelques professeurs, alarmés par des travaux du ministère de l'Éducation, du Loisir et des Sports, en doutent. L'inquiétude vient surtout d'un document de travail intitulé Pistes d'action pour le développement de l'enseignement collégial, qui circule entre les mains de comités d'enseignants depuis le mois de juin dernier. Dans une lettre ouverte aux journaux, l'écrivain et professeur Gérald Gaudet dénonce une attitude voulant que l'on offre aux étudiants une matière qui les intéresse spontanément, sous prétexte de relever leurs résultats scolaires. Cette attitude serait dictée par la piètre performance des étudiants du collégial dans les cours de formation générale.
«Ce que [le ministère] veut, c'est actualiser la formation générale», explique France Mongeau, poète, professeur et coordonatrice du département de français au cégep Édouard-Montpetit. «C'est-à-dire offrir une formation plus près du secondaire. Il y a des visées technicistes là-dedans. On veut former les gens pour le marché du travail et évacuer cette notion de formation générale.»
Déjà, les professeurs de littérature de niveau collégial doivent préparer leurs étudiants aux épreuves uniformes de français. Ils ont, à cet effet, parfois plutôt recours à des extraits qu'à des oeuvres complètes. «Ma position, ajoute pour sa part France Mongeau, c'est qu'il faut conserver la littérature à tout prix [au niveau collégial]. Il faut qu'elle reste accessible aux étudiants», qui n'auront peut-être pas d'autres occasions de lire de grandes oeuvres dans leur vie.
Selon Mme Mongeau, le problème n'est pas tant que les étudiants de connaissent pas les règles de français, mais plutôt qu'ils ne les appliquent pas. Selon elle, lorsqu'ils savent que les fautes de français risquent de leur enlever des points, ils font attention et ont de meilleurs résultats.
«Mais oui, cela m'inquiète de faire de la littérature un objet utilitaire [...] La littérature, c'est plus que cela, c'est un espace de liberté donné au lecteur», dit-elle.
D'autres questions sur l'enseignement de la littérature au collégial, soulevées notamment dans l'essai de notre chroniqueur Louis Cornellier, Lettre à mes collègues sur l'enseignement de la littérature et de la philosophie au collégial, feront l'objet d'un débat organisé par l'Académie des lettres du Québec, le 21 février prochain, à la Maison des écrivains. France Mongeau y est invitée, aux côtés de Gilles Pellerin, écrivain et professeur au cégep François-Xavier Garneau, André Vanasse, éditeur et directeur de la revue Lettres québécoises. C'est Jacques Allard, président de l'Académie, qui animera les débats.
On y discutera entre autres choses du corpus enseigné: doit-on choisir des oeuvres classiques ou contemporaines, difficiles ou accessibles, québécoises, françaises, ou universelles? Voilà, le débat est ouvert. En espérant que la littérature, sous quelque forme que ce soit, survive et parvienne à toucher les plus jeunes.
Vos réactions
C'est de la littérature, tout ça - par Bernard La Rivière (lisebernard@cgocable.ca)
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Une volonté de déraciner culturellement les jeunes Québécois? - par France Boisvert (france59boisvert@yahoo.ca)
Le mardi 13 février 2007 08:00
La littérature a sa place au collégial mais tous doivent-ils atteindre les mêmes objectifs? - par Cégep de Granby Haute Yamask Bibliothèque
Le mardi 13 février 2007 07:00
Loi du moindre effort - par gilbert dupuis
Le mardi 13 février 2007 05:00

