Le CHU Sainte-Justine en mission humanitaire au Maroc

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Louise-Maude Rioux Soucy
Édition du mardi 13 février 2007

Mots clés : mission humanitaire, CHU Sainte-Justine, Aide à l'étranger, santé, Maroc (pays), Montréal

Une équipe de l'hôpital ira soigner gratuitement des petits coeurs malades à Casablanca

Chaque année, 3000 bébés de moins d'un an s'ajoutent à la longue liste des enfants marocains qui ont désespérément besoin d'une intervention chirurgicale pour soigner leur coeur malade. Le hic, c'est que les autorités locales n'ont généralement pas l'expertise nécessaire pour les soigner, laissant en plan des générations entières d'enfants. Mais le vent est en train de tourner grâce au CHU Sainte-Justine qui dépêchera une équipe à Casablanca pour partager son savoir-faire et, du coup, soigner gratuitement une cinquantaine d'enfants.

La mission mobilisera pas moins de 19 professionnels de l'hôpital pour enfants. Leur objectif est double: soigner, certes, mais surtout transmettre le savoir-faire qui a fait leur renommée sur la scène internationale. Le Maroc, qui compte de nombreuses cardiopathies congénitales mais aussi acquises des suites d'infections diverses, a bien besoin de ce coup de pouce. Jusqu'à tout récemment encore, les enfants de moins de 20 kilos souffrant d'une cardiopathie étaient systématiquement traités à l'étranger. Depuis quelques années, les équipes locales ont bien pris un peu d'assurance, mais il leur reste encore beaucoup à apprendre.

L'an dernier, une première équipe montréalaise avait cassé la glace en débarquant avec armes et bagages à l'Institut humanitaire cardiopédiatrique de Casablanca. Au total, 41 petits avaient été soignés par l'équipe qui n'a essuyé qu'un décès, note le responsable de la mission, le cardiologue Joaquim Mirò. Ce court séjour aura permis aux Montréalais d'enseigner des interventions complexes à leurs collègues marocains. «L'an dernier, on a abordé la moitié des diagnostics, cette année on espère qu'ils pourront soigner 80 % des diagnostics après notre visite», explique le Dr Mirò.

Les défis seront toutefois nombreux, convient la chirurgienne cardiaque Nancy Poirier. «L'année dernière, on a pu faire une chirurgie coeur-poumon chez un enfant de huit kilos; cette année, on a fixé notre objectif à quatre kilos seulement.» La présélection des patients est en cours et l'un des cas les plus représentatifs des diagnostics que l'équipe prévoit opérer est la correction d'une malformation cardiaque appelée tétralogie de Fallot.

Jugée très grave, cette malformation cardiaque peut se corriger par une chirurgie à coeur ouvert pratiquée couramment à Montréal. Le petit Émile Beauchamp était là hier pour en témoigner. Son papa, Donald, aussi relationniste pour le Canadien, avait peine à contenir la fougue de son petit miraculé qui fendait la foule des journalistes, sa trousse de médecin sous le bras. Opéré avant l'âge d'un an, le petit mène à trois ans «une existence parfaitement normale», a témoigné M. Beauchamp.

À ce transfert d'expertise se greffe aussi une oeuvre humanitaire. Seuls 15 % des Marocains sont assurés pour les soins de santé. Variant entre 6000 $ et 8000 $, la chirurgie cardiaque est donc un luxe inaccessible à la majorité. Pour ceux-là, l'Institut humanitaire cardiopédiatrique de Casablanca est en quelque sorte leur seule bouée de sauvetage. Au bout de cinq à six missions, l'équipe montréalaise a d'ailleurs bon espoir que les petits miracles de Sainte-Justine se répéteront quotidiennement à Casablanca.

Mais, pour cela, il faudra bonifier l'aide financière qu'offrent déjà plusieurs membres de la communauté marocaine de Montréal. Une activité-bénéfice aura donc lieu le 13 mars prochain à 19h à l'Espace Dell'Arte. L'auteur-compositeur-interprète Jamil Azzaoui, l'humoriste Daniel Lemire et le groupe Maktoub animeront cette soirée. «Je crois que c'est le plus beau rayonnement que le peuple québécois peut avoir», a commenté Jamil hier. La prochaine mission montréalaise, qui coûtera entre 50 000 $ et 60 000 $, sera lancée le 6 avril prochain pour se terminer le 22 avril.


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Le transfert du savoir-faire - par Abdeljabar El Andaloussi
Le mardi 13 février 2007 09:00

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